Rapport 2013 – La situation des droits humains dans le monde

Une injustice commise quelque part est une menace pour la justice dans le monde entier.
Nous sommes pris dans un réseau d’interdépendances auquel nous ne pouvons échapper, tous liés par une destinée commune.
Tout ce qui touche l’un de nous directement touche indirectement tous les autres ».

Martin Luther King, Lettre de la prison de Birmingham, 16 avril 1963, Etats-Unis

Le rapport 2013 d’Amnesty rend compte de la situation des droits humains en 2012 dans 159 pays et territoires.
Vous pouvez le commander en ligne en cliquant sur ce lien

Dans le diaporama ci dessous les principaux éléments de cette année désastreuse pour des millions de personnes qui ont fui les conflits et les persécutions, ou qui ont quitté leur pays en quête de travail et d’une vie meilleure.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Partout dans le monde, les États se montrent davantage désireux de protéger leurs frontières nationales que les droits de leurs citoyens et ceux des hommes et des femmes qui viennent chercher refuge ou de meilleures chances chez eux.

Pour le peuple syrien, 2012 a été une nouvelle année de perdue, une année où la situation n’a guère changé – à l’exception du nombre sans cesse croissant de vies perdues ou brisées par un conflit qui a déjà jeté des millions de personnes hors de chez elles.
Le monde est resté les bras croisés alors que l’armée et les forces de sécurité syriennes continuaient de mener des attaques aveugles ou ciblées contre les civils, et de soumettre à des disparitions forcées, d’arrêter arbitrairement, de torturer et d’exécuter sommairement les opposants supposés, tandis que des groupes armés poursuivaient de leur côté les prises d’otages et, dans une moindre mesure, les exécutions sommaires et les actes de torture.

Publicités

VOTONS VITE AVANT LE 31 MAI !!! Personnes en danger !

Un dispositif d’alerte innovant pour la protection des défenseurs et personnes en danger !!

Le Secrétariat International d’Amnesty International a mis au point un système d’alerte innovant, appelé « Panic Button », pour permettre aux défenseurs et militants en danger immédiat (arrestation, enlèvement, menaces, tortures et autres mauvais traitements…) d’alerter – via une application sur leur téléphone – un réseau d’alerte de leur choix qui permette de les localiser.

Ce projet innovant en est aujourd’hui à l’état de projet-pilote pour une vingtaine de militants et défenseurs du Kenya, et pourrait être ensuite développé à de très nombreuses autres situations de risque imminent pour les défenseurs.

Nommé au Global Impact Award, ce projet pourrait être fortement développé s’il gagnait le prix.

Pour cela, il faut que le maximum de personnes votent pour le projet.

Vous avez jusqu’au 31 mai pour voter et faire voter votre entourage !
Votez et partagez en masse !!!

>>> SUR CE LIEN

Merci d’avance de votre contribution au projet!

Quel courage ?!?

Un article paru dans le journal « Le Monde » daté du 18 mai 2013…

Le courage politique, une vertu hier célébrée dont on se méfie à présent
Salman Rushdie, écrivain

tiananmen-3-amnesty-international-activist-performs-a-dance-with-plastic-bags-during-a-protest-in-front-of-the-chinese-embassy-in-brussels_234

 » Il nous paraît plus facile, en ces temps troublés, d’admirer la bravoure physique plutôt que le courage moral. Qu’un homme coiffé d’un chapeau de cow-boy enjambe une barrière pour venir en aide aux victimes des attentats de Boston tandis que d’autres prennent la fuite, et nous saluons son courage. Il nous est plus difficile de considérer les responsables politiques, hormis Nelson Mandela et Aung San Suu Kyi, comme des gens courageux. Peut-être en avons-nous trop vu, et sommes-nous poussés au cynisme par les inévitables compromis du pouvoir. Il n’y a plus de Gandhi ni de Lincoln.

Ce qui est encore plus étrange, c’est que nous sommes devenus méfiants à l’égard de ceux qui s’élèvent contre les abus de pouvoir ou le dogmatisme. Il n’en a pas toujours été ainsi. Les écrivains et les intellectuels qui se sont opposés au communisme tels Alexandre Soljenitsyne et Andreï Sakharov bénéficiaient d’une très grande estime en raison de leurs prises de position. Le poète Ossip Mandelstam était admiré pour son épigramme sur Staline de 1933 dans laquelle il décrit le redoutable dirigeant dans des termes intrépides : « Quand sa moustache rit, on dirait des cafards. » Le poème lui avait valu d’être arrêté pour finalement mourir dans un camp de travail soviétique.

Aussi récemment qu’en 1989, l’image d’un homme défiant les chars de la place Tiananmen, avec à la main deux sacs à provisions, est devenue, presque instantanément, un symbole international du courage. Ensuite, il semble que les choses aient changé. « L’homme au char » a été oublié en Chine, et les manifestants favorables à la démocratie, y compris ceux qui sont morts au cours des massacres des 3 et 4 juin 1989, ont été dénoncés par les autorités chinoises comme des contre-révolutionnaires.

Cette bataille de réinterprétation est toujours à l’oeuvre et elle brouille la compréhension que nous avons de la manière dont les gens « courageux » devraient être jugés. C’est ainsi que les autorités chinoises traitent les plus connus de leurs opposants. L’usage d’accusations de « subversion » contre l’écrivain Liu Xiaobo et de supposée fraude fiscale contre l’artiste Ai Weiwei sont des tentatives délibérées d’effacer aux yeux du public leur courage pour en faire des criminels.

En Russie, l’influence de l’Eglise orthodoxe est telle que les membres du groupe Pussy Riot incarcérés sont généralement considérés comme des fauteurs de troubles immoraux parce que ces femmes ont tenu leur fameuse protestation dans des lieux appartenant à l’Eglise. Leur point de vue, selon lequel les dirigeants de l’Eglise orthodoxe russe sont trop proches du président Vladimir Poutine pour des raisons d’intérêt, a été perdu de vue par leurs nombreux détracteurs et leur acte n’est pas perçu comme courageux, mais comme déplacé.

Il y a deux ans au Pakistan, l’ancien gouverneur du Punjab, Salman Taseer, a pris la défense d’une chrétienne, Asia Bibi, condamnée à tort à la peine capitale en vertu de la dure loi du pays en matière de blasphème. Pour cette raison, il a été assassiné par un de ses gardes du corps. Cet homme, Mumtaz Qadri, a été acclamé et couvert de pétales de roses à son arrivée au tribunal. Quant à Salman Taseer, il a été très critiqué, et l’opinion publique s’est retournée contre lui.

En février 2012, un journaliste et poète saoudien, Hamza Kashgari, a publié trois tweets sur le prophète Mahomet. Hamza Kashgari a plus tard affirmé qu’il « réclamait son droit » à penser et à s’exprimer librement. Il a reçu peu de soutien, a été condamné comme apostat, et plusieurs voix se sont élevées pour réclamer son exécution. Il est toujours en prison.

Les écrivains et les intellectuels des Lumières en France ont aussi défié l’orthodoxie religieuse de leur temps et ont ainsi créé le concept moderne de liberté de pensée. Voltaire, Diderot, Rousseau et encore bien d’autres sont pour nous des héros intellectuels. Malheureusement, peu de gens dans le monde musulman diraient la même chose d’ Hamza Kashgari.

Cette idée nouvelle, selon laquelle les écrivains, les universitaires et les artistes qui luttent contre l’orthodoxie et l’intolérance sont à blâmer, parce qu’ils troublent inutilement les gens, se répand à toute vitesse même dans des pays comme l’Inde qui pouvait pourtant s’enorgueillir autrefois de la liberté qui y régnait.

Au cours de ces dernières années, le grand maître de la peinture indienne, Maqbool Fida Husain, a été contraint de s’exiler à Dubaï, puis à Londres, où il est mort. On lui reprochait d’avoir représenté nue la déesse hindoue Saraswati (alors qu’un examen même superficiel des sculptures hindoues anciennes montre que si elle est souvent adorée couverte de bijoux et de parures, elle n’en est pas moins souvent dévêtue).

Le célèbre roman de Rohinton Mistry, Un si long voyage (Livre de poche, 2003), a été retiré du programme de l’université de Bombay parce que des extrémistes locaux réprouvaient son contenu. Ashis Nandy, un universitaire, a été attaqué pour avoir exprimé des opinions peu orthodoxes sur la corruption des classes inférieures. Et dans chacun de ces cas, l’opinion officielle, qui semblait recueillir l’accord de nombreux commentateurs et d’une part importante de l’opinion publique, était qu’au fond ces artistes et ces universitaires étaient responsables des ennuis qu’ils s’étaient attirés. Ceux qui autrefois, à d’autres époques, auraient été célébrés pour leur originalité et leur indépendance d’esprit, s’entendent de plus en plus dire « Assieds-toi, tu vas faire chavirer la barque ».

C’est une triste époque pour ceux qui croient au droit qu’ont les artistes, les intellectuels et les citoyens ordinaires et opprimés de repousser les limites de la liberté, de prendre des risques, et ainsi, parfois, de changer la manière dont nous voyons le monde.

Il n’y a rien d’autre à faire que de continuer à affirmer l’importance de cette forme de courage et de tenter de s’assurer que les victimes de la répression, Ai Weiwei, les membres des Pussy Riot, Hamza Kashgari, sont considérés pour ce qu’ils sont : des hommes et des femmes en première ligne du combat pour la liberté. Comment y parvenir ? Signez les pétitions contre la manière dont on les traite, prenez part aux mouvements de protestation. Prenez la parole. Chaque initiative aussi petite soit-elle a son importance. »

(Traduit de l’anglais par Gérard Meudal.)

Peine de mort dans le monde en 2012

Peine de mort congrès ubon10-8a530

LA TENDANCE MONDIALE EST À L’ABOLITION EN 2012

Au moins 1722 personnes ont été condamnées à mort dans 58 pays en 2012.
Il s’agit du chiffre minimum pouvant être confirmé par les recherches d’Amnesty International ; il est nettement moins élevé que celui de 2011, qui était d’au moins 1923 condamnations à mort dans 63 pays.
Par ailleurs, à la fin de 2012, au moins 23 386 personnes étaient sous le coup d’une sentence capitale dans le monde.

Sur ce lien un résumé vidéo de 2 min

peine de mort 2012 AI

1172-peine-de-mort-monde 2012

>> Les États-Unis sont le seul pays du continent américain à avoir procédé à des exécutions.

>> Le Bélarus est le seul pays d’Europe et d’Asie centrale à avoir exécuté des condamnés.

>> Les États-Unis et le Bélarus sont les deux seuls membres de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE)
– sur 56
– à avoir procédé à des exécutions.

>> Cinq des 54 États membres de l’Union africaine ont, de façon certaine, exécuté des condamnés : le Botswana, la Gambie, la Somalie, le Soudan et le Soudan du Sud.
Parmi les États membres de cette organisation, 37 sont abolitionnistes en droit ou en pratique.

>> Sept des 214 États membres de la Ligue arabe ont procédé à des exécutions confirmées : l’Arabie saoudite, l’Autorité palestinienne, les Émirats arabes unis, l’Irak, la Somalie, le Soudan et le Yémen. Des exécutions ont été signalées en Syrie mais il n’a pas été possible de vérifier les informations à cause du conflit.

>> Aucune exécution n’a été recensée dans les 10 États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est.

>> Cinq des 54 États membres du Commonwealth ont, de façon certaine, exécuté des condamnés : le Bangladesh, le Botswana, la Gambie, l’Inde et le Pakistan.

>> Le Japon et les États-Unis sont les seuls pays du G8 à avoir procédé à des exécutions.

>> Sur les 193 États membres des Nations unies, 174 n’ont procédé à aucune exécution en 2012.

LES CONDAMNATIONS À MORT RECENSÉES EN 2012 :

Afghanistan (+),
Algérie (153+),
Arabie saoudite (10+),
Autorité palestinienne (6+ : 5+ par les autorités du Hamas à Gaza ; 1 par l’Autorité palestinienne en Cisjordanie),
Bahreïn (1),
Bangladesh (45+),
Barbade (2),
Botswana (5),
Chine (+),
Corée du Nord (+),
Corée du Sud (2),
Égypte (91+),
Émirats arabes unis (21+),
États-Unis (77),
Gambie (5+),
Ghana (27),
Guinée (2+),
Guinée équatoriale (1),
Guyana (5),
Inde (78+),
Indonésie (12+),
Irak (81+),
Iran (79+),
Japon (3),
Jordanie (16+),
Kenya (21+),
Koweït (9+),
Laos (+),
Liban (9+),
Liberia (4+),
Libye (5+),
Malaisie (60+),
Maldives (2+),
Mali (10+),
Maroc/Sahara occidental (7+),
Mauritanie (6+),
Mongolie (+),
Myanmar (17+),
Nigeria (56),
Pakistan (242),
Qatar (1+),
République démocratique du Congo (11+),
Singapour (2+),
Somalie (76+ : 51+ par le gouvernement fédéral de transition ; 7+ au Puntland ; 18+ au Somaliland),
Soudan (199+),
Soudan du Sud (+),
Sri Lanka (7+),
Swaziland (1),
Taiwan (7),
Tanzanie (3),
Tchad (2),
Thaïlande (106+),
Trinité-et-Tobago (5+),
Tunisie (9),
Viêt-Nam (86+),
Yémen (7+),
Zambie (7+),
Zimbabwe (11+).

Ici vous accèderez au rapport 2012 d’Amnesty sur la peine de mort dans le monde

Roms et gens du voyage : quand le politique l’emporte sur la réalité

Démantèlement de campements roms en France, discriminations en Hongrie ou en Roumanie… Partout, les Tsiganes, les Rroms sont montrés du doigt.

Le bidonville après passage des pelleteuses© (photo Merril Sineus)

Le bidonville de Ris Orangis après passage des pelleteuses© (photo Merril Sineus)

 » Et l’image d’une ethnie sans attaches nationales, valorisée par les institutions européennes, a paradoxalement conduit à les priver de certains de leurs droits. Toutes représentations qui méconnaissent l’histoire, la culture et les réalités romanis  » selon Henriette Asséo, historienne, enseignante à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS).

Non les Etats n’aiment pas les « nomades » pensant que se sont là des populations dont le contrôle pourrait leur échapper.

Ils préfèrent – selon les périodes de l’Histoire – les transformer en apatrides.
Apatrides ou population à part dont le fichage systématique permet de piocher – en temps utiles – dans un vivier de cible désignée. Il n’est qu’à étudier l’histoire des « carnets anthropométriques » des « régimes des nomades » des années 1910 – 1920… puis dès 1933… devenu « carnet de circulation » pour s’en convaincre.
Nous devrions nous souvenir – précisément en l’Europe – combien la classification ethnique est dangereuse lorsqu’elle devient un principe organisateur.

Vous trouverez ici un interview INCONTOURNABLE d’Henriette Asséo, enregistrée à l’occasion de l’expo Peuple Tsigane, le silence et l’oubli. EXPO 2007 – Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation de Lyon (chrd) – 9 min

Oui notamment en temps de crise, certains trouvent pratique – avec la certitude de l’illusion de soulager leurs frustrations – de stigmatiser une population plus précaire que soi…

Mais au fait, qui donc a dit que les Rroms sont des nomades sans attaches nationales ?
Qui et pourquoi dit-on que les gens du voyage ne sont pas comme nous – les français – ?
A qui peut-on faire croire que des générations spontanées se sont soudainement multipliées dans des campements insalubres ?

>> Depuis quatre siècles, les Roms de l’Europe centrale ou balkanique sont… sédentaires.

Non, les Tsiganes ne sont pas des nomades, c’est d’ailleurs pourquoi pour se distinguer entre eux, ils font souvent référence
à leur région où leur famille a le plus longtemps séjourné – (Roms, Sinti, Zigeuner, Egyptiens, Tziganes, Bohémiens, Gitans, Catalans,
Gypsy, Yenishes…)

>> Les « gens du voyage » sont très majoritairement des français, depuis le XVI ème siècle (bretons, alsaciens, des pays de Loire…) ce dont peu de familles françaises peuvent se prévaloir… mais ils constituent une « catégorie de français » qui a fini par s’assimiler à des « non français ». Pourquoi ?

>>  » On compte par ailleurs en France environ 15 000 Roms migrants de nationalité roumaine, bulgare, tchèque, slovaque, hongroise, moldave ou des pays de l’ex Yougoslavie (Serbie, Croatie, Kosovo notamment). La plupart d’entre eux ont immigré dans les années 90, peu après la chute des régimes communistes. Bien que présents depuis de nombreuses années, ils sont considérés comme  » illégaux  » sur le territoire français et rencontrent de grandes difficultés pour réussir à s’insérer. Ils restent en marge de la société et vivent trop souvent dans des campements informels.
Pourtant, l’effondrement du bloc communiste était censé offrir un champ illimité de possibilités démocratiques aux anciens pays de l’Est. Les directives européennes considéraient le modèle du pluralisme ethnique comme une forme supérieure de la démocratie — les collèges électoraux étant même formés à travers des déclarations ethniques. Dans chaque Etat, un droit des minorités reconnu par les lois constitutionnelles devait permettre de combiner émancipation sociale et politique.
Seule une petite minorité de Roms d’Europe de l’Est a choisi d’émigrer tout en gardant des liens étroits avec leur pays d’origine. L’entrée de la Roumanie et de la Bulgarie dans la Communauté Européenne en 2007 ne s’est pas traduite par un afflux de Roms, mais par des allers-retours plus fréquents entre la France et leur pays d’origine. Ils sont plus nombreux dans d’autres pays européens (Espagne, Italie).  » Amnesty France

>> Comment – en France comme dans les autres pays européens – les Tziganes attachés aux seigneuries dès le XVème siècle notamment par le service des armées seigneuriales, peuple prospère que rien ne prédisposait à la marginalisation sociale en sont devenus à partir de la fin du XIXème siècle une population exclue et aujourd’hui – selon certains – à exclure ?

>>  » Pourquoi alors le mythe du nomadisme tsigane connaît-il un tel succès politique ? Par quel diabolique mouvement les occupants de « campements illicites » — au demeurant, autorisés par les préfectures depuis une décennie — sont-ils devenus des « Roms migrants », des « nomades administratifs » qui seront demain assignés au cantonnement ? Pourquoi ne voit-on pas le danger à laisser refermer sur des familles ainsi concentrées la tenaille asphyxiante de l’identification et des fichiers collectifs ?  » (Henriette Asséo)

Des éléments de réponse dans :

Asseo-H-Tsiganes
Les Tsiganes, une destinée européenne, Gallimard Découvertes, nouvelle édition 2006.

Dans un article du Monde Le « nomadisme tsigane » : une invention politique

Qui donc veut nous faire oublier notre Histoire européenne ?

Ici un web documentaire sur les Roms de Ris Orangis dont l’explusion à fait couler de l’encre… et des pleurs ces derniers temps

Une expo photos sur les enfants de Sarajevo

Le photographe MILOMIR KOVACEVIC expose à la librairie « Comme un roman »… du 4 mai au 8 juin 2013
LES PETITS SOLDATS – Photographiés à Sarajevo de 1992 à 1995

M Kovacevic

Le vernissage a lieu le samedi 4 mai de 16 h 30 à 19 H 30. (http://www.comme-un-roman.com/)

Sarajevo 1

Blessés et parfois même assassinés, privés de nourriture et d’eau, confrontés à une réalité qui dépasse leur compréhension, les plus grandes victimes de guerre sont toujours les enfants.
Malgré les difficiles conditions dans lesquels les enfants de Sarajevo ont vécu pendant la guerre, ils ont toujours continué à jouer et à s’amuser. Leurs héros n’étaient plus les personnages de dessins animés ou de westerns ; leurs héros étaient leurs pères, grands frères, voisins, héros locaux qui partaient sur les lignes de front ou montaient la garde pour défendre la ville.
Ils se fabriquaient les pistolets en bois, utilisaient les grenades qui ont déjà servi, faisaient eux-mêmes les gilets pare-balles en carton et les fusils en tubes d’acier, montaient la garde, construisaient des cachettes, des uniformes et des accréditations sur lesquelles on pouvait lire « La police des enfants ». Cependant, pour les besoins de la série de photos présentée ici, ils posaient souvent avec les véritables armes « empruntées » à leurs parents. Innocents, ils imitaient ainsi les grands ; c’était leur façon de se protéger et de se sentir en sécurité.
Ces photos ont été prises aux mêmes endroits que les photos que j’avais réalisées avec les pionniers de Tito trois années auparavant. Il est intéressant de voir à quel point les conditions de vie, l’idéologie ambiante et le décor de tous les jours avaient changé en quelques années seulement. D’un côté, il y avait les petits pionniers qui croyaient en quelque chose qui était destiné à disparaître, de l’autre les enfants de la guerre, aussi innocents que les premiers, participant à l’avènement d’un autre monde, à la fois victimes mais peut-être aussi les futurs défendeurs de nouvelles idées.

De nombreux enfants ont été blessés et tués pendant la guerre à Sarajevo. Leur nombre varie d’une source à l’autre allant jusqu’à 1601 enfants tués et 15 000 enfants blessés. Selon les résultats de l’Institut de recherche sur les crimes contre l’humanité et le droit international, 524 enfants ont péri durant le siège de Sarajevo (Jasminko Haliloviæ, auteur du livre « Enfance et guerre, Sarajevo 1992-1995 »).

Vous trouverez ici certaines photographies extraites de l’exposition

Librairie Comme un roman
39, Rue de Bretagne
75003 Paris
Tél. : 01 42 77 56 20

Horaires :
mardi – samedi : 10h – 19h45
dimanche : 10h – 13h30