ACTION URGENTE AU BAHREIN Ecrire avant le 29 avril

BAHREÏN : UN MILITANT TORTURÉ POURSUIVI EN JUSTICE

Le défenseur bahreïnite des droits humains Hussain Jawad a comparu devant un tribunal le 17 mars dernier. Il est poursuivi sur la base des « aveux » qui lui ont été extorqués sous la torture après son arrestation. Son procès a été repoussé au 7 avril.

Le 17 mars 2015, le défenseur des droits humains Hussain Jawad est apparu, en même temps que deux autres personnes, devant le tribunal de première instance de Manama, la capitale du pays, pour avoir « recueilli et reçu de l’argent dans le pays et à l’étranger en vue de soutenir et financer des groupes d’opposition ». Le 12 mars, le ministère public a annoncé que cet homme et un autre prévenu avaient « avoué » avoir reçu de l’argent d’une troisième personne vivant à l’étranger et recueilli de l’argent à Bahreïn sans autorisation afin de soutenir les familles de prisonniers déclarés coupables de sabotage. Hussain Jawad a rejeté ces accusations et déclaré au juge qu’il avait été torturé lors de sa garde à vue à la Direction des enquêtes criminelles. Son procès a été ajourné au 7 avril.

frontlinedefenders.org

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Ce militant a déjà « avoué » plusieurs charges lorsqu’il est apparu pour la première fois devant le ministère public le 21 février dernier. Deux jours plus tard, il a affirmé avoir subi des actes de torture à la Direction des enquêtes criminelles visant à le faire passer aux aveux. Il a ensuite été interrogé par l’Unité spéciale d’enquête (SIU), organe mandaté pour enquêter sur des actes de torture et d’autres violences supposément commis par les forces de sécurité et pour traduire les responsables présumés en justice. Il a alors déclaré avoir été torturé et menacé d’autres sévices s’il revenait sur ses « aveux ». Nous ne disposons d’aucune information sur l’issue de l’enquête de la SIU sur ces allégations.

ACTION RECOMMANDEE : lettre international / email / fax/ twitter :

– appelez les autorités à relâcher Hussain Jawad immédiatement et sans condition s’il est pris pour cible en raison de son travail de défense des droits humains ;

– engagez-les à ne pas utiliser devant un tribunal les « aveux » qui lui ont été extorqués sous la torture ;

– exhortez-les à veiller à ce que cet homme ne soit pas victime de torture ou d’autres mauvais traitements, et à diligenter sans délai une enquête sur ces allégations de torture, à rendre les conclusions publiques et à traduire les responsables présumés en justice.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 29 AVRIL 2015 À :

Roi de Bahreïn
Shaikh Hamad bin ‘Issa Al Khalifa
Office of His Majesty the King
P.O. Box 555, Rifa’a Palace
al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 1766 4587
Formule d’appel : Sire, (Votre Majesté, dans le corps du texte)

Ministre de l’Intérieur
Shaikh Rashid bin ‘Abdullah Al Khalifa
P.O. Box 13, al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 1723 2661
Courriel : via le site http://www.interior.gov.bh/contact_en.aspx
Twitter : @moi_Bahrain
Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

Copies à :

Ministre de la Justice et des Affaires islamiques
Shaikh Khalid bin Ali Al Khalifa
Ministry of Justice and Islamic Affairs
P. O. Box 450, al-Manama, Bahreïn
Fax : +973 1753 1284
Courriel : via le site http://www.moj.gov.bh/en/ Twitter : @Khaled_Bin_Ali

Ambassade du Bahreïn
3bis place des Etats-Unis – 75116 Paris
Tél : 01 47 23 48 68 – Fax : 01 47 20 55 75
Courriel : ambassade@ambahrein-france.com

Tarifs postaux pour le Bahreïn :
Lettre internationale (20 g) : 1,20 €

Ceci est la seconde mise à jour de l’AU 34/15.
Pour plus d’informations : https://www.amnesty.org/en/documents/MDE11/1066/2015/en/.

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Hussain Jawad a été appréhendé le 16 février 2015 vers 1 h 30 par des policiers masqués et en civil qui ont fouillé son domicile avant de l’emmener à la Direction des enquêtes criminelles. Ils n’ont donné aucune explication, mais Amnesty International craint que cet événement soit lié au travail mené par cet homme en faveur des droits humains.

Environ 10 heures après son arrestation, Hussain Jawad a appelé sa femme et lui a dit qu’il allait bien. Elle lui a demandé si les policiers lui avaient fait du mal, ce à quoi il a répondu « oui », et la communication a été interrompue. Bon nombre des personnes conduites à la Direction des enquêtes criminelles depuis ces derniers mois affirment avoir subi des actes de torture ou d’autres mauvais traitements. L’avocat de Hussain Jawad a écrit au bureau du procureur, en demandant quand son client comparaîtrait pour être interrogé afin de pouvoir assister à l’audience. Amnesty International a elle aussi écrit au bureau du procureur en réclamant la raison de l’arrestation de Hussain Jawad et pour lui demander de veiller à ce que cet homme ne soit pas victime de torture ou d’autres mauvais traitements.
Dans sa réponse au courrier de l’organisation, le médiateur du ministère de l’Intérieur a indiqué que des membres de son équipe avaient questionné l’intéressé après avoir reçu une plainte déposée par l’épouse de cet homme, mais celui-ci leur a dit ne pas avoir été battu mais seulement menacé de sévices s’il ne coopérait pas. Hussain Jawad a déclaré à sa femme qu’il avait informé le bureau du médiateur qu’il avait été battu, sans donner tous les détails de peur d’être renvoyé à la Direction des enquêtes criminelles et d’y subir de nouveaux sévices.

Le 23 février, il a indiqué au ministère public qu’il avait été victime de torture, affirmant avoir reçu des coups et avoir été privé de sommeil, obligé de rester debout pendant une longue durée dans une pièce froide, insulté, humilié et menacé de viol et d’autres violences sexuelles.

Hussain Jawad, qui occupe la fonction de président de l’Organisation européenne-bahreïnite pour les droits humains, a déjà été arrêté après avoir prononcé un discours lors d’un mouvement de protestation en 2013. Il avait alors été accusé d’avoir « critiqué les institutions gouvernementales », « insulté le drapeau et le symbole du pays », « essayé de troubler l’ordre public » et participé à un « rassemblement illégal ».

Il a été appréhendé une première fois le 24 novembre 2013 au poste de police d’Al Wusta, dans le sud de Manama, où il s’était rendu pour porter plainte pour diffamation contre un quotidien bahreïnite et une ONG entretenant des liens étroits avec les autorités. Ceux-ci ont publié les photos et les noms de 18 défenseurs des droits humains et militants politiques bahreïnites, les accusant d’être les auteurs d’« atteintes aux droits humains » et d’« actes terroristes », entre autres, dans le pays et réclamant des sanctions à leur encontre. Ils auraient agi en réaction à la campagne End Impunity in Bahrain (Mettez fin à l’impunité à Bahreïn) menée par le Centre bahreïnite des droits humains du 1er au 23 novembre 2013. À cette occasion, cet organisme a publié les noms de plusieurs personnes qu’il jugeait responsables ou impliquées dans les atteintes aux droits humains qui perdurent dans le pays, sous le bandeau « Recherchés au nom de la justice à Bahreïn ».

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