L’enquête mondiale sur l’acceptation des réfugiés : les populations plus généreuses que les politiques

sondage réfugiés

«L’indice d’acceptation des réfugié·e·s révèle au grand jour le caractère honteux des politiques à court terme des gouvernements face à des gens qui fuient la guerre et la répression.
Les gouvernements doivent tenir compte de ces résultats, qui montrent clairement que la grande majorité des gens sont disposés à accueillir des réfugié·e·s dans leur pays et désireux de le faire.
«La réponse des gouvernements à la crise des réfugiés ne doit pas être dictée par les grands titres des journaux. Trop souvent, les responsables politiques tiennent des discours xénophobes contre les réfugié·e·s pour tenter de gagner en popularité.
Cette enquête montre qu’ils n’écoutent pas la majorité silencieuse accueillante, qui prend à cœur la crise des réfugié·e·s.»

«La grande majorité des gens sont disposés à accueillir des réfugiés dans leur pays.» Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International

En savoir plus sur l’enquête par ici…

POUR SIGNER LA PETITION : « La France doit faire le choix de l’accueil », c’est ici !

Pour télécharger le rapport complet (en anglais), c’est là !

Thuc : Prisonnier d’opinion vietnamien en grève de la faim illimitée

THUC

Qui est THUC ?

Tran Huyn Duy Thuc, entrepreneur prospère, a été arrêté en mai 2009.
En janvier 2010, au terme d’un procès qualifié de parodie de justice, il a été condamné à 16 ans de prison suivis de cinq ans d’assignation à résidence surveillée pour avoir publié dans ses blogs des sujets politiques et économiques et s’être associé avec d’autres dans un groupe que les autorités qualifient de réactionnaire.
Il a déclaré lors de son procès qu’il avait été torturé pendant sa détention pour le forcer à faire des aveux.
Cela fait 7 ans qu’il est en prison. Thuc, né en 1966, est marié, il a deux enfants.

Le cas de Tran Huyn Duy Thuc est l’illustration d’une politique préoccupante consistant à arrêter, incarcérer et condamner lors de procès inéquitables, ceux qui s’expriment publiquement, blogueurs, journalistes  et militants pacifiques qui appellent à la démocratie et aux réformes.

Tran Huyn Duy Thuc est un prisonnier d’opinion adopté par Amnesty International.
Notre groupe parmi d’autres participe à cette « adoption ».

Pourquoi parler de lui aujourd’hui ?

Thuc a entamé une grève de la faim illimitée ce 15 mai.
Elle fait suite à son transfert le 9 mai, le nord du pays à 250 Km au sud de Hanoï, ce qui l’éloigne de sa famille de plus de 1.000 Km, celle résidant à Ho Chi Minh Ville (Saïgon).
Panneau Thuc_1

Qu’est-ce qu’un prisonnier d’opinion ?

En 1961, Peter Benenson (fondateur d’Amnesty International) définit l’expression de «prisoner of conscience» comme toute personne physiquement empêchée, de quelque manière que ce soit, d’exprimer son opinion.

C’est sur cette définition que s’est basé son «appel pour l’amnistie», qui a marqué le début d’Amnesty International. Il exhortait les gens de par le monde à écrire des lettres de protestation aux autorités responsables de l’incarcération de prisonnières et prisonniers d’opinion.

Depuis, le label s’est élargi. Un prisonnier d’opinion est une personne emprisonnée pour son origine ethnique, son sexe ou son orientation sexuelle, sa couleur de peau, sa langue ou encore sa nationalité, autant que pour ses convictions politiques ou religieuses.

Non-violence

Tous les prisonniers et prisonnières d’opinion partagent un point commun : leur non-violence.
Amnesty ne défend pas les revendications de tous les prisonniers et prisonnières d’opinion, mais leur liberté de les exprimer de manière pacifique.

Deux personnes pourraient être enfermées pour les mêmes revendications ; si l’une n’est pas violente et l’autre si, elles n’auront pas le même statut aux yeux d’Amnesty International : la première sera considérée comme prisonnière d’opinion, la seconde comme prisonnière politique. Cette différenciation, toute «amnestienne», n’est par ailleurs pas faite au niveau du droit international.

Nelson Mandela, par exemple, a été considéré comme un prisonnier politique par Amnesty International, parce qu’il avait abandonné l’action non-violente pour la lutte armée. Pourtant, son travail pour la protection et la promotion des droits humains a été reconnu en tant que tel par Amnesty, qui lui a décerné le prix Ambassadeur de la conscience en 2006.
Cette distinction entre les prisonniers d’opinion et politiques a des conséquences sur le traitement qu’Amnesty International leur réserve. Amnesty condamne la violence, qu’elle soit étatique ou individuelle.

En quoi consiste une « adoption » ?

De ce fait, pour les prisonniers d’opinion, Amnesty International demande la libération immédiate et sans condition, tandis que pour les prisonniers politiques, qui se sont opposés avec violence aux autorités de leurs pays – quelle que soit la violence utilisée par l’Etat même – Amnesty exige un procès et un traitement équitable.
En cela, bien qu’elle ne soit pas une organisation pacifiste, Amnesty International promeut la non-violence et les revendications exprimées sous forme de manifestations pacifiques, de textes, films, pièces de théâtre, humour, sit-in, pétitions, blogs, actions symboliques, etc.

L' »adoption » d’un prisonnier d’opinion consiste à prendre des contacts avec les autorités, avec les familles en vue de demander une libération immédiate et sans condition. Chemin faisant, Amnesty International peut-être amenéE à exiger des conditions de détention minimales en termes de santé et dignité.

Pour plus d’informations sur Thuc, accéder ici à une page facebook correspondante

Vente de 28 œuvres de Miró au profit des réfugiés :

La vente aux enchères de 28 œuvres du peintre espagnol Joan Miró a rapporté 47.600 livres (61.600 euros exactement) jeudi à Londres, a annoncé la maison Christie’s. Toute la somme, supérieure aux estimations, sera intégralement reversée à la cause des réfugiés. Propriétaire des oeuvres, le petit-fils de Miró a décidé de faire don de cette collection car c’est ce qu’il aurait souhaité, selon lui.

Toute la recette de la vente doit être donnée à la Croix-Rouge.

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Fuyant le régime de Franco, Miró a connu les camps de réfugiés

« Miró a traversé beaucoup d’épreuves dans sa vie. Il a connu la faim, l’exil pendant la guerre civile espagnole, la Deuxième Guerre mondiale et il connaissait la désolation des camps de réfugiés », souligne son petit-fils Joan Punyet Miró.

Exilé à Paris pendant la Guerre civile espagnole entre 1936 et 1939, Miró, sympathisant républicain, avait suivi de près le sort des réfugiés espagnols fuyant le régime de Franco.

« Il a toujours voulu aider les personnes défavorisées, les réfugiés et les exilés. S’il était toujours vivant, il considérerait que ce qui se passe aujourd’hui en Syrie pourrait arriver demain en Espagne », remarque Punyet. « Je me considère comme l’exécutant de ces volontés et j’aspire à faire ce que lui-même aurait fait s’il était toujours vivant »

Depuis le début du conflit en Syrie en 2011, plus de 4,8 millions de réfugiés ont fui le pays et contribué à alimenter la plus grave crise migratoire depuis la Seconde guerre mondiale. Selon l’ONU, quelque 60 millions de personnes sont réfugiées et déplacées à travers le monde.
Miró, qui est décédé en 1983 à l’âge de 90 ans, avait des raisons personnelles d’être reconnaissant envers la Croix Rouge. Un médecin de l’organisation humanitaire internationale avait sauvé la jambe de sa fille, la mère de Joan Punyet Miro, lorsque celle-ci avait été gravement blessée dans un accident de voiture en 1965. « Mon grand-père a fait une tapisserie pour la Croix-Rouge en guise de remerciement pour avoir sauvé sa fille, son unique enfant », a dit Joan Punyet Miro.
Afp