Action Urgente au Nigeria – écrire avant le 3 janvier 2017

NIGERIA

DES MILLIERS DE PERSONNES EXPULSÉES,

D’AUTRES RISQUENT DE SUBIR LE MÊME SORT

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Plus de 30 000 habitants du village d’Otodo Gbame, dans l’État de Lagos (sud-ouest du Nigeria), ont été expulsés de force par des fonctionnaires de cet État et des policiers les 9 et 10 novembre. Plusieurs centaines de milliers d’autres personnes vivant dans d’autres villages au bord de cours d’eau et de la mer dans l’État de Lagos risquent de subir également une expulsion forcée.

Plus de 30 000 habitants d’Otodo Gbame, un village établi sur le front de mer dans l’État de Lagos, ont été expulsés de force par les autorités de cet État les 9 et 10 novembre. Selon des témoins, une « bagarre » collective qui avait commencé sur place s’est intensifiée le 9 novembre au matin et un incendie s’est déclaré. L’origine de cet incendie est indéterminée, mais les témoins ont indiqué que les policiers présents sur les lieux n’avaient rien fait pour l’arrêter. Ils auraient même chassé les habitants qui tentaient d’éteindre le feu. Une déclaration des policiers indique qu’ils sont intervenus pour «rétablir le calme ». L’incendie a duré jusqu’aux alentours de 13 h 30 ce jour-là. Les policiers, accompagnés d’une équipe de démolition, sont revenus vers 23 h 30 le soir même avec un bulldozer. D’après les habitants, ils ont utilisé cet engin pour démolir leurs habitations et ils en ont incendié certaines, en tirant de temps à autre des coups de feu en l’air pour faire fuir les gens et les expulser de force. Leur intervention s’est poursuivie jusqu’au jeudi 10 novembre dans l’après-midi. Les habitants ont déclaré à Amnesty International que les autorités ne leur avaient pas remis d’avis d’expulsion. Ces expulsions forcées ont eu lieu malgré une décision de justice rendue le 7 novembre qui interdit aux autorités de l’État de Lagos de démolir des bâtiments dans les villages établis au bord de l’eau dans cet État.

Elles suivent une annonce du gouverneur de l’État de Lagos, qui a fait savoir le 9 octobre qu’il était prévu de démolir tous les bâtiments non conformes installés sur le front de mer et au bord de cours d’eau dans cet État, afin d’améliorer la sécurité. Les citoyens concernés n’ont pas été consultés, si bien que des centaines de milliers d’habitants de villages établis au bord de l’eau risquent de se retrouver sans logement et exposés à d’autres atteintes aux droits humains.

ACTION RECOMMANDÉE : lettre international / email / fax / twitter / Facebook   :

– exhortez les autorités de l’État de Lagos a prononcer immédiatement la suspension de toutes les démolitions prévues dans des villages établis au bord de l’eau dans cet État ;

– demandez-leur d’enquêter sans délai sur l’incendie qui a détruit des habitations et d’autres bâtiments et sur les événements qui ont conduit à l’expulsion forcée de plus de 30 000 personnes dans le village d’Otodo Gbame ;

– engagez-les à veiller à ce que toutes les garanties juridiques et procédurales soient mises en place avant toute expulsion, y compris une consultation en bonne et due forme de toutes les personnes concernées quant aux solutions pouvant remplacer les expulsions, un préavis suffisant, des voies de recours, une indemnisation et une solution de relogement proposée aux personnes qui en ont besoin ;

– priez-les instamment de fournir immédiatement des produits de première nécessité, des soins médicaux, des solutions de relogement convenables et une indemnisation aux habitants expulsés d’Otodo Gbame ;

– appelez-les à instaurer un moratoire sur les expulsions collectives jusqu’à l’adoption d’une réglementation pour assurer la conformité des expulsions avec les normes internationales.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 3 JANVIER 2017 À :

(uniquement par Twitter et Facebook)

 . Gouverneur de l’État de Lagos

Governor Akinwunmi Ambode

Twitter : @AkinwunmiAmbode

Facebook : http://www.facebook.com/Akinwunmi.Ambode

Formule d’appel : Monsieur le Gouverneur,

 

  • Ministre de l’Aménagement du territoire et du Développement urbain de l’État de Lagos

Sir Hon. Tpl. Wasiu Anifowoshe,

Ministry of Physical Planning & Urban Development, Lagos State

Alausa Secretariat Ikeja, Lagos

Nigeria                                                                        Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

 

Copies à :

Secrétaire exécutif de la Commission nationale des droits humains

Professor Bem Angwe

National Secretariat

No 19 Aguiyi Ironsi Street Maitama

P.M.B. 444Garki , Abuja, Nigeria

 

Ambassade du Nigeria
173 avenue Victor Hugo  –  75116 Paris
Tél : 01 47 04 68 65 – Fax : 01 47 04 47 54

Courriel : embassy@nigeriaparis.com

 

Tarifs Postaux pour le Nigeria :

Lettre internationale (20 g) : 1,25 €

 

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Depuis avril 2016, les cas d’enlèvements se sont multipliés dans l’État de Lagos. En vue d’enrayer cette augmentation et d’améliorer la sécurité, les autorités ont décidé de démolir les bâtiments non conformes dans tous les villages établis au bord de l’eau dans l’État.

Le gouverneur de l’État de Lagos, Akinwunmi Ambode, s’est rendu à Ilubirin, un de ces villages, le 9 octobre. Pendant sa visite, il a déclaré que la démolition de toutes les cabanes de Lagos commencerait dans les sept jours suivants. Amnesty International a reçu confirmation de ce projet par le responsable des relations publiques de l’Agence de contrôle du logement de l’État de Lagos, qui lui a indiqué que les autorités démoliraient toutes les cabanes construites au bord de l’eau.

Sur le site Internet officiel du gouvernement de l’État de Lagos, Steve Ayorinde, commissaire chargé de l’information, déclare : « Le gouvernement a pris les mesures qui s’imposent afin de combattre la vague d’enlèvements dans l’État, et conformément à la directive du gouverneur de l’État, M. Akinwunmi Ambode, il est prévu que commence la démolition de structures illégales construites au bord de l’eau dans l’État. »

Des habitants du village d’Ilubirin ont été expulsés de leurs logements et leurs habitations ont été démolies le 15 octobre. Pour l’heure, les habitants expulsés de ces villages n’ont bénéficié d’aucune aide, d’aucune indemnisation et d’aucune solution de relogement.

Le 7 novembre, la haute cour de l’État de Lagos a prononcé une injonction empêchant les autorités de cet État de poursuivre les démolitions jusqu’à l’examen du recours déposé par les habitants contre elles, prévu le 6 décembre.

Les 9 et 10 novembre, plus de 30 000 habitants du village d’Otodo Gbame ont assisté avec horreur à la destruction de leurs habitations et de leurs biens tandis qu’ils étaient expulsés de force. Ils ont fui dans la confusion ; certains se sont jetés dans la mer en courant. Cet épisode a été présenté à tort comme une « bagarre » entre des jeunes d’Otodo Gbame et d’un village voisin par les autorités, qui ont indiqué que la police était uniquement intervenue pour « rétablir l’ordre ».

Depuis 2000, plus de deux millions de personnes ont été expulsées de force de leur logement dans différentes zones du Nigeria. Les expulsions ont lieu sans consultation préalable sérieuse, sans préavis suffisant et sans qu’aucune indemnisation ou solution de relogement ne soit proposée. La plupart des personnes concernées étaient déjà marginalisées et beaucoup vivaient depuis des années sans bénéficier d’un accès à de l’eau propre, à des installations sanitaires, à des soins de santé adaptés ou à l’éducation.

En septembre 2015, quelque 10 200 résidents du site de Badia-East, dans la zone d’Ijora à Lagos, ont été expulsés de force, et beaucoup sont toujours sans domicile et continuent à dépendre de leur famille et de leurs amis. Le gouvernement de l’État n’a toujours pas indemnisé ni relogé les personnes expulsées.

En tant que partie au Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (PIDESC) et à d’autres traités internationaux et régionaux relatifs aux droits humains, le Nigeria est tenu de protéger le droit à un logement convenable, de s’abstenir de recourir aux expulsions forcées et même de les empêcher.

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Action urgente à Cuba : écrire avant le 30/12/2016

CUBA

DES AVOCATS DÉFENSEURS DES DROITS HUMAINS MENACES

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Des membres de Cubalex, une organisation d’avocats spécialisés dans la défense des droits humains établie à La Havane, subissent depuis plusieurs mois des actes de harcèlement et d’intimidation de la part des autorités cubaines en raison de leur travail.

De manière progressive depuis septembre, les autorités cubaines ont fait subir des manœuvres d’intimidation à des membres de Cubalex (Centre d’information juridique), une ONG non reconnue par l’État qui fournit gratuitement des conseils juridiques, notamment en matière de droits humains, à La Havane, la capitale.

Le 23 septembre, selon sa directrice, Laritza Diversent, les autorités ont effectué une perquisition sans présenter de mandat au centre opérationnel de Cubalex, où elles ont saisi plusieurs ordinateurs portables et documents, et forcé au moins une femme à se déshabiller. Le procureur de la province de La Havane a informé Cubalex qu’une enquête fiscale avait été ouverte à son encontre.

D’après Cubalex, depuis lors, le parquet national a convoqué au moins deux membres de l’organisation pour les interroger. Selon les déclarations de celle-ci, les interrogatoires ont duré jusqu’à 1 heure 45 et ont été filmés, ce qui laisse penser aux membres concernés que les autorités tentaient d’obtenir des informations susceptibles de rendre les activités de l’organisation passibles de poursuites pénales. Elles auraient également interrogé des personnes ayant reçu des conseils et des informations de la part de Cubalex.

La directrice de Cubalex a indiqué avoir été interceptée et interrogée un certain nombre de fois à l’aéroport lors de ses récents voyages. Elle est convaincue que son domicile, qui sert de base aux activités de Cubalex, est placé sous surveillance. L’un des membres de l’organisation, Julio Ferrer Tamayo, a affirmé avoir été soumis à une fouille au corps et arrêté lors de la perquisition des locaux de Cubalex le 23 septembre. Il demeure détenu.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en anglais, en espagnol ou dans votre propre langue) :

         appelez les autorités cubaines à permettre aux membres de Cubalex et à tous les autres avocats et militants qui défendent les droits humains de mener leurs activités librement, sans être harcelés ni intimidés ;

         demandez-leur de veiller à ce que le système judiciaire et les procédures civiles ne soient pas utilisés afin de prendre pour cible ou de harceler des défenseurs des droits humains ;

         engagez-les à créer un environnement sûr et favorable dans lequel il est possible de défendre et de promouvoir les droits humains sans crainte de sanctions, de représailles ou d’intimidation.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 30 DÉCEMBRE 2016 À :

  • Président de la république

Raúl Castro Ruz

Presidente de la República de Cuba

La Habana, Cuba

Fax : + 41 22 758 9431 (bureau de Cuba à Genève) ;

+ 1 212 779 1697 (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)

Courriel : cuba@un.int (via la Mission de Cuba auprès des Nations unies)

Twitter : @RaulCastroR

Formule d’appel : Monsieur le Président,

 

  • Procureur général

Dr. Darío Delgado Cura

Fiscal General de la República

Fiscalía General de la República Amistad 552, e/ Monte y Estrella

Centro Habana, La Habana, Cuba

Twitter : @FGR_Cuba

Formule d’appel : Monsieur le Procureur général,

Copie à :

 Ambassade de Cuba 

16 rue de Presles  –  75015 Paris

Tél : 01 45 67 55 35 – Fax : 01 45 66 80 92

Courriel : embacu@ambacuba.fr

 

Tarifs postaux pour Cuba :

Lettre internationale (20 g) : 1 ,20€

 

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Le 13 octobre, la Commission inter-américaine des droits de l’homme (CIDH) et son rapporteur spécial pour la liberté d’expression ont publié un communiqué de presse exprimant leur préoccupation face aux actions de représailles de l’État cubain contre Cubalex, une organisation dédiée à la défense de la liberté d’expression.

En 2015, un certain nombre d’articles diffusés sur des blogs pro gouvernementaux semblaient diffamer Laritza Diversent, directrice de Cubalex.

Les membres de Cubalex ont fait l’objet de mesures conservatoires prononcées par la CIDH en avril 2015. Celle-ci a demandé aux autorités cubaines de prendre des mesures pour protéger leur vie et s’assurer qu’ils soient traités avec humanité.

À l’heure actuelle, les ONG de défense des droits humains ne peuvent pas se faire enregistrer officiellement à Cuba et il leur arrive souvent de mener leurs activités depuis les domiciles de leurs membres ou directeurs.

Action urgente : écrire avant le 20/12/2016

SINGAPOUR

DES MILITANTS CONDAMNES A UNE LOURDE AMENDE

POUR AVOIR MANIFESTE PACIFIQUEMENT

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Trois militants ont été condamnés par un tribunal à payer une lourde amende

pour avoir organisé une manifestation pacifique en 2014. 

Le 27 juin,Han Hui Hui, Ivan Koh Yew Beng et Janet Low Wai Choo ont été condamnés par les tribunaux de l’État de Singapour pour plusieurs infractions, notamment pour participation à un « rassemblement illégal » et « troubles à l’ordre public ». Les trois militants ont été arrêtés après avoir mené une manifestation pacifique le 27 septembre 2014 au parc Hong Lim, le seul endroit du pays où il est autorisé de se rassembler et de manifester sans autorisation de la police. Han Hui Hui a été condamnée à une amende de 3 100 dollars singapouriens, tandis que Koh Yew Beng et Low Wai Choo ont tous deux été condamnés à une amende de 450 dollars singapouriens.

Les poursuites engagées contre ces personnes et leur condamnation renforcent le climat d’intimidation et de harcèlement judiciaire des militants qui règne dans le pays et bafouent leurs droits aux libertés d’expression et de réunion pacifique tels énoncés dans la Déclaration universelle des Droits de l’Homme. Au titre du droit singapourien, Han Hui Hui sera inéligible pendant les cinq prochaines années, car son amende dépasse 2 000 dollars singapouriens. La défenseure des droits humains ne pourra donc notamment pas se porter candidate aux élections législatives en 2020.

La Constitution de Singapour garantit le droit à la liberté de réunion pacifique mais accorde à l’État de vastes pouvoirs de restriction qui outrepassent de loin ce qui est permis en vertu du droit international relatif aux droits humains. Les trois militants ont fait appel de leur condamnation auprès de la Haute Cour de Singapour dans un recours daté du 20 septembre. L’audience en appel devrait avoir lieu dans les deux prochains mois, mais aucune date n’a été fixée à ce jour.

ACTION RECOMMANDEE : lettre international / email / fax :

         demandez aux autorités de veiller à ce que la condamnation de Han Hui Hui, Ivan Koh Yew Beng et Janet Low Wai Choo pour avoir exercé pacifiquement leurs droits aux libertés d’expression et de réunion, ainsi que les amendes et les autres peines prononcées contre eux soient annulées ;

         appelez-les à abroger ou modifier toutes les dispositions juridiques qui bafouent le droit à la liberté d’expression et de réunion, notamment l’article 142 du Code pénal et l’article 290 de la Loi relative aux troubles à l’ordre public ;

         engagez-les à mettre fin aux sanctions, à l’intimidation et au harcèlement dont font l’objet les personnes critiques à l’égard du gouvernement dans le pays.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 20 DÉCEMBRE 2016 À :

Premier ministre
Lee HsienLoong
Prime Minister’s Office
Orchard Road
Istana, 238823  , Singapour
Fax : +65 6835 6621
Courriel : pmo_hq@pmo.gov.sg

Formule d’appel : Monsieur le Premier ministre,

Procureur général
VijayaKumar Rajah
Attorney General’s Chambers
1 Upper Pickering Street
058288
Singapour
Fax : +65 6538 9000
Courriel : agc@agc.gov.sg
Formule d’appel : Monsieur le Procureur général,

Copies à :

Ministre du Développement national Lawrence Wong         
Ministry of National Development5 Maxwell Road
#21-00 & #22-00 Tower Block, MND Complex
Singapour 069110
Fax : +65 6325-7254
Email : mnd_hq@mnd.gov.sg
Ambassade de Singapour
16 rue Murillo, 75008 Paris
Tél : 01 56 79 68 00 – Fax : 01 56 79 68 29
Courriel : sg.general@orange-business.fr
singemb_par@sgmfa.gov.sg
Singemb_Par@mfa.sg
 

Tarifs postaux pour Singapour :
Lettre internationale (20 g) : 1,25 €

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Han Hui Hui a été inculpée en octobre 2014 au titre de l’article 143 du Code pénal et de l’article 290 de la Loi relative aux troubles à l’ordre public pour avoir participé à une manifestation pacifique qui avait pour objectif de demander au gouvernement singapourien de rendre l’épargne-retraite du Fonds de Prévoyance Central à ses membres. À la suite de cette manifestation, Han Hui Hui et plusieurs autres participants ont fait l’objet d’une enquête de la police parce qu’ils auraient enfreint les règles fixées par le Bureau des parcs nationaux, qui imposent des restrictions en matière de droit à la liberté de réunion et d’expression. La manifestation a eu lieu en même temps qu’un autre événement dans le parc et le groupe a été accusé d’avoir empiété sur l’espace de cet événement.

Au titre du droit singapourien, si une personne est condamnée à une amende de plus de 2 000 dollars singapouriens, elle ne peut pas se porter candidate à un poste de la fonction publique pendant les cinq ans suivant sa condamnation. Han Hui Hui ne pourra donc pas se présenter aux élections législatives de 2020.

Le 24 juin 2016, le Conseil des droits de l’homme [ONU] a adopté les conclusions issues de l’Examen périodique universel sur Singapour. Cependant, le gouvernement de Singapour a rejeté les recommandations concernant les droits aux libertés d’expression et de réunion pacifique qui figuraient dans les conclusions de ce rapport.

Action Urgente Iran : écrire avant le 15/12/2016

IRAN : UNE PRISONNIÈRE SE VOIT REFUSER DES SOINS

POUR AVOIR PORTÉ PLAINTE

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Maryam Akbari Monfared, une prisonnière d’opinion purgeant actuellement une peine de 15 ans à la prison d’Evin à Téhéran, est actuellement privée de soins médicaux. Elle est victime de représailles, après avoir déposé une plainte demandant qu’une enquête officielle soit ouverte sur les exécutions de masse de prisonniers politiques, dont son frère et sa sœur, à l’été 1988.

Des responsables iraniens refusent que Maryam Akbari Monfared, une prisonnière d’opinion, soit amenée à des rendez-vous médicaux hors de la prison pour son arthrite rhumatoïde et ses problèmes de thyroïde. Le procureur associé à la prison d’Evin a déclaré à sa famille le 24 octobre que le dispositif mis en place concernant ses soins médicaux avait été annulé parce qu’elle était devenue trop « effrontée ». Cette déclaration était en relation avec une plainte déposée par Maryam Akbari Monfared depuis la prison le 18 octobre, demandant l’ouverture d’une enquête officielle sur les exécutions sommaires de masse, en 1988, de quelque 5 000 prisonniers politiques, dont son frère et sa sœur, l’emplacement des charniers où ils ont été ensevelis, et l’identité des responsables. Cette privation de soins fait suite à d’autres formes de représailles contre elle, notamment un ordre émanant du parquet visant à mettre fin aux visites de sa famille en prison, et la menace de retenir de nouvelles charges contre elle.

Maryam Akbari Monfared a été arrêtée tôt le matin du 31 décembre 2009. Pendant les cinq mois qui ont suivi, sa famille a tout ignoré de son sort et de l’endroit où elle se trouvait. En mai 2010, elle a été jugée par un tribunal révolutionnaire à Téhéran, qui l’a condamnée à 15 ans de prison pour diverses charges, dont « inimitié à l’égard de dieu » en raison de son appartenance présumée à l’Organisation iranienne des moudjahidin du peuple (OIMP), un groupe d’opposition interdit. La procédure judiciaire la visant était manifestement inéquitable et sa condamnation s’est uniquement appuyée sur le fait qu’elle ait téléphoné à son frère et sa sœur, membres de l’OIMP, et leur ait rendu visite une fois près du camp d’Achraf, administré par l’OIMP en Irak. Après son arrestation, elle a été détenue à l’isolement pendant les 43 premiers jours, durant lesquels elle a subi des interrogatoires intensifs et n’a pas pu s’entretenir avec un avocat. Elle a rencontré son avocat commis d’office pour la première fois à son procès, et cela s’est limité à une brève audience. Elle n’a pas bénéficié d’un jugement digne de ce nom présentant les éléments de preuve et le raisonnement juridique ayant mené à sa condamnation. L’époux de Maryam Akbari Monafred a indiqué que durant l’audience, le juge lui a dit qu’« elle allait payer pour les activités de son frère et de sa sœur au sein de l’OIMP ». Ses appels ont été rejetés de manière sommaire, sans justification.

ACTION RECOMMANDÉE : lettre international / email / fax :

         demandez aux autorités iraniennes de libérer Maryam Akbari Monfared immédiatement et sans condition, car cette femme est une prisonnière d’opinion dont la condamnation s’est appuyée sur une ingérence arbitraire dans sa vie privée, au sein de sa famille et dans sa correspondance ;

         exhortez-les à veiller à ce qu’elle ait accès sans délai et de manière continue à des soins médicaux spécialisés à l’extérieur de la prison, et à ce qu’elle soit protégée de toute forme de torture et de mauvais traitements, dont la privation de soins médicaux fait partie ;

         priez-les instamment de mettre un terme au harcèlement et à la persécution des familles de victimes des exécutions de masse de 1988, et de respecter leurs droits à la vérité, à la justice et à des réparations, notamment en menant une véritable enquête approfondie et indépendante, et en traduisant les responsables présumés en justice dans le cadre de procès équitables, sans recourir à la peine de mort.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS AVANT LE 15 DÉCEMBRE 2016 À :

Ambassade de la Rép. Islamique d’Iran

4 avenue d’Iéna  –  75116 Paris

Tél : 01 40 69 79 00 – Fax : 01 40 70 01 57

Courriel : ambassadeur@amb-iran.fr

 

En leur demandant de transmettre à :

* Responsable du pouvoir judiciaire,

Ayatollah Sadegh Larijani                                        Formule d’appel : Excellence,

 

* Procureur général de Téhéran

Abbas Ja’fari Dolat Abadi                                          Formule d’appel : Monsieur le Procureur,

 

Si le contact avec l’Ambassade est difficile … vous pouvez envoyer votre courrier à la mission permanente de l’Iran aux Nations unies en leur demandant de transmettre aux autorités :

 Permanent Mission of the Islamic Republic of Iran to the United Nations,

622 Third Avenue, 34th Floor, New York,  NY 10017, États-Unis.

 

Copie à :

Président de la République, Hassan Rouhani        Formule d’appel : Monsieur le Président,

 

Tarifs postaux pour les Etats-Unis : Lettre international (20 g) : 1,25 €

 

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Maryam Akbari Monfared souffre de douleurs articulatoires depuis 2015. Ce n’est pourtant qu’en août 2016 que les autorités l’ont transférée pour qu’elle puisse être examinée par un médecin hors de la prison. Quand elle a finalement été autorisée à en voir un, dont les honoraires ont été payés par sa famille, il a établi qu’elle souffrait d’arthrite rhumatoïde, une maladie auto-immune. Bien qu’elles lui aient dans un premier temps donné la permission de se rendre à un deuxième rendez-vous, les autorités ont depuis lors déclaré à sa famille qu’elles ne l’amèneraient pas à celui-ci. Elles ont ajouté qu’elles ne la conduiraient plus non plus chez le spécialiste qu’elle voit tous les trois mois pour des problèmes de thyroïde, ce qui fait craindre qu’elle ne soit plus en mesure de faire renouveler et ajuster ses prescriptions.

Maryam Akbari Monfared a été arrêtée le 31 décembre 2009, plusieurs jours après les manifestations ayant eu lieu durant l’Achoura, une fête religieuse, le 27 décembre 2009, les dernières protestations de masse à avoir lieu après l’annonce des résultats contestés de l’élection de juin 2009. Maryam Akbari Monfared a déclaré qu’elle n’avait pas participé aux manifestations de l’Achoura. Elle a fait partie des nombreuses personnes arrêtées après ces actions de protestation, le but étant de prendre pour cible ceux dont des parents appartenaient à des groupes interdits, en particulier l’OIMP. Les autorités iraniennes ont cherché à attribuer les troubles à des groupes interdits, en particulier l’OIMP. La majorité, peut-être même la totalité des personnes inculpées en raison de leurs liens avec l’OIMP avaient de la famille au camp d’Achraf en Irak (voir From protest to prison: Iran one year after the election, https://www.amnesty.org/fr/documents/MDE13/062/2010/fr/).

Roghieh, la sœur de Maryam Akbari Monfared, et Abdolreza, leur frère, faisaient partie des quelque 5 000 prisonniers politiques qui ont été coupés du monde extérieur en juillet 1988, puis exécutés en secret et sans avoir été jugés, avant d’être jetés dans des charniers. La plupart des personnes exécutées étaient des prisonniers politiques, notamment des prisonniers d’opinion, qui avaient déjà passé plusieurs années en prison, à purger des peines prononcées contre eux par les tribunaux révolutionnaires. Certains avaient déjà fini de purger leur peine mais n’avaient pas été libérés parce qu’ils avaient refusé de se repentir (voir Iran: Violations of Human Rights 1987-1990, https://www.amnesty.org/fr/documents/mde13/021/1990/en/). Dans une lettre ouverte qu’elle est parvenue à faire sortir de la prison en octobre 2016, Maryam Akbari Monfared a écrit : « Trois de mes frères et une de mes sœurs ont été exécutés dans les années 80 […] Mon plus jeune frère, Abdolreza, avait 17 ans quand il a été arrêté pour avoir distribué des publications de l’OIMP et condamné à trois ans de prison. Les autorités ont refusé de le libérer pendant des années après qu’il a fini de purger sa peine, et l’ont exécuté en 1988 […] Mon autre frère, Alireza a été appréhendé le 8 septembre 1981, et a été jugé et exécuté 10 jours plus tard […] Alors que cela faisait sept jours que nous portions le deuil de mon frère Alireza, les forces de sécurité ont fait une descente dans notre maison un soir et arrêté plusieurs invités, ainsi que ma mère et ma sœur, Roghieh. Ma mère a été libérée au bout de cinq mois, mais ma sœur a été condamnée à huit ans de prison. Elle a été exécutée en août 1988, un an avant la fin de sa peine. »

Après que Maryam Akbari Monfared a porté plainte, le procureur associé à la prison d’Evin a déclaré à sa famille : « Les plaintes de ce type ne servent à rien. Elles rendraient ses conditions de détention plus difficiles et entraveraient sa libération ou la possibilité pour elle d’obtenir des permissions de sortie. » Il a ajouté : « Que veut-elle savoir ? Ceux qui ont exécuté ses frères et sa sœur sont soit morts soit âgés, et ses frères et sœur sont probablement enterrés à Khavaran [une zone déserte dans le sud de Téhéran]. » En septembre 2016, un enregistrement audio a été rendu public pour la première fois ; il s’agissait d’une réunion de 1988 entre de hauts responsables impliqués dans ces exécutions de masse et l’ayatollah Hossein Ali Montazeri, un dignitaire religieux ayant perdu son statut de successeur de l’ayatollah Ruhollah Khomeini en raison de son opposition à ces exécutions. Les personnes que l’on peut entendre dans cet enregistrement incluent : Mostafa Pour-Mohammadi, actuel ministre de la Justice ; Hossein-Ali Nayyeri, président actuel du tribunal disciplinaire suprême des juges ; Morteza Eshraqi, avocat ; et Ebrahim Raissi, le président actuel de l’une des fondations les mieux dotées d’Iran, Astan Qods e Razavi. Dans l’enregistrement, on entend l’ayatollah Montazeri dire : « Le plus grand crime commis dans la République islamique, pour lequel l’histoire nous condamnera, a été perpétré par vous, et à l’avenir, on se souviendra de vous comme de criminels. »

 

Conférence solidaire sur la Syrie – 28 novembre 2016 à 14h15 – Verrières-le-Buisson

 

Nous relayons ici une fois encore les « conférences solidaires » de Madame Annick Neveu-Leclerc, amie du groupe des « Hauts de Bièvre » et infatiguable conférencière qui oeuvre gracieusement au profit d’associations en aide aux syriens (réfugiés ou sur place) . Qu’elle soit remerciée pour cette persévérance !

Chaque conférence est l’occasion pour elle de faire découvrir l’histoire complexe de la Syrie en en faisant une présentation non politique.

Madame Annick Neveux-Leclerc est professeur à l’Ecole du Louvre et spécialiste des Arts de l’Islam et du patrimoine syrien.

Ses prochaines conférences ont lieux tout à côté de chez nous : venez nombreux !

VERRIERES-LE-BUISSON :  Lundi 28 novembre 2016 à 14h15, UTL Espace St André : 9, rue d’Antony logo_utl

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Sachez aussi que, plus largement dans la région parisienne, il y aura aussi :

MAISONS-ALFORT : dimanche 20 novembre 2016 à 15h : (pour UOSSM-France), Salle St Gabriel, 1 rue du 8 mai 1945 (Métro : Maisons-Alfort Stade)

PARIS : vendredi 25 novembre à 19h30, Temple Maison Fraternelle, 37 rue Tournefort, 5°

Et encore plus largement, Vaison-la-Romaine, St Omer, Nice, Besançon, Rueil-Malmaison, La Celle St Cloud, la Saintonge (2 ou 3 lieux dont Royan), l’Alsace (3 ou 4 lieux dont Mulhouse et Colmar), Châlons-en-Champagne, Paris dans le cadres des « Estivales Seniors » en juillet, Conques, le Lot…