AU EGYPTE : écrire immédiatement

EGYPTE

ARRÊTÉE POUR AVOIR PARLÉ DE HARCÈLEMENT SEXUEL

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Les autorités égyptiennes ont ordonné le placement en détention provisoire d’Amal Fathy, une défenseure des droits humains, pour une durée de 30 jours, après qu’elle a publié sur sa page Facebook une vidéo dans laquelle elle évoque son expérience du harcèlement sexuel, et critique le refus du gouvernement de se pencher sur le problème.

Le 9 mai, Amal Fathy a publié sur son profil Facebook une vidéo dans laquelle elle a fait état de son expérience du harcèlement sexuel, souligné à quel point ce problème est fréquent pour les femmes en Égypte, et critiqué le manquement du gouvernement à son devoir de protection des femmes. Elle a également critiqué le gouvernement pour ses attaques contre les droits humains, pour les conditions socio économiques dans le pays et pour l’état des services publics. La police a effectué une descente au domicile d’Amal Fathy vers 2 h 30 du matin le 11 mai, et l’a placée en garde à vue au poste de police de Maadi, au Caire, en compagnie de son époux – Mohamed Lotfy, ancien chercheur à Amnesty International et actuel directeur de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, une organisation de défense des droits humains – et de leur enfant, qui a trois ans. Son mari et leur enfant ont été relâchés trois heures plus tard.

Le 11 mai, le procureur de Maadi a examiné le cas d’Amal Fathy et ordonné son placement en détention pour 15 jours, le temps d’une enquête pour « publication d’une vidéo contenant de fausses informations susceptibles de nuire à l’ordre public », entre autres. Le lendemain, un procureur de la sûreté de l’État l’a interrogée dans le cadre d’une autre affaire sur ses liens présumés avec le Mouvement des jeunes du 6 avril, et a ordonné son placement en détention pour 15 jours supplémentaires, tandis qu’elle fait l’objet d’une enquête pour appartenance à un groupe interdit en Égypte.

Des internautes malveillants ont copié la vidéo et les photos d’Amal Fathy sur ses comptes des réseaux sociaux, et les ont publiées sur Facebook et Twitter, accompagnées d’insultes genrées et d’appels en faveur de son arrestation. Plusieurs médias publics ou pro gouvernement ont diffusé des articles sur cette vidéo et relayé de fausses informations, selon lesquelles cette femme milite au sein du Mouvement des jeunes du 6 avril, et travaille à la Commission égyptienne pour les droits et les libertés. Ils ont en outre révélé qu’elle est mariée au directeur de cette organisation, ce qui constitue une atteinte à son droit à la vie privée.

Amnesty International considère Amal Fathy

comme une prisonnière d’opinion

 

ACTION RECOMMANDÉE : Lettre international / e-mail / fax / Twitter

          appelez les autorités à libérer Amal Fathy immédiatement et sans condition, car il s’agit d’une prisonnière d’opinion détenue uniquement en raison de ses activités pourtant pacifiques de défense des droits humains ;

         demandez-leur de reconnaître le bien-fondé du travail accompli par les défenseur-e-s des droits humains, en particulier le droit de mener leurs activités sans restriction ni crainte de représailles, conformément à la Déclaration sur les défenseurs des droits de l’homme adoptée en 1998 par les Nations unies.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS IMMÉDIATEMENT

SI VOUS RECEVIEZ CETTE ACTION URGENTE EN RETARD

NE PLUS INTERVENIR APRES LE 29 JUIN 2018

 

– Président, Abdel Fattah al-Sisi

Office of the President

Al Ittihadia Palace

Cairo, Égypte

Fax : +202 2391 1441

Courriel : p.spokesman@op.gov.eg

Twitter : @AlsisiOfficial                                    Formule d’appel : Monsieur le Président,

 

– Procureur général, Nabil Sadek

Office of the Public Prosecutor, Dar al-Qada al-Ali, Down Town

Cairo, Égypte

Fax : +202 2577 4716                                       Formule d’appel : Monsieur le Procureur,

 

  • Copies à :

Adjoint au ministre des Affaires étrangères chargé des droits humains, Ahmed Ihab Gamal-Eldin

Ministère des

Affaires étrangères

Corniche el-Nile, Cairo, Égypte

Fax : +202 2574 9713

Courriel : Contact.us@mfa.gov.eg

Twitter : @MfaEgypt

 Ambassade d’Egypte

56 avenue d’Iéna  – 75116 Paris

Tél : 01.53.67.88.30.- Fax : 01.47.23.06.43

Courriel : paris_emb@mfa.gov.eg

 

Tarifs postaux pour l’Egypte :

Lettre internationale (20 g) : 1,30 €

COMPLÉMENT D’INFORMATION

Amal Fathy est une militante égyptienne menant essentiellement un travail de sensibilisation en faveur de personnes arrêtées pour leur participation à des manifestations, ou en raison de leur activité sur les réseaux sociaux. Elle s’est exprimée haut et fort contre les violations des droits humains en Égypte, en particulier les détentions arbitraires de militant-e-s. Elle est mariée à Mohamed Lotfy, ancien chercheur à Amnesty International, désormais directeur de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, une organisation non gouvernementale (ONG).

Des membres du personnel de la Commission sont fréquemment victimes de manœuvres de harcèlement depuis la création de celle-ci. En juin 2015, Mohamed Lotfy a été empêché d’embarquer dans un avion à destination de l’Allemagne et les autorités ont confisqué son passeport, sans qu’on ne lui donne d’explication claire. Il a dû attendre deux ans pour qu’on lui délivre un nouveau passeport. Les autorités égyptiennes ont également arrêté Ahmed Abdallah, président du conseil d’administration de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés, et Mina Thabet, directeur du programme Minorités, à leurs domiciles les 25 avril et 19 mai 2016 respectivement. Le parquet les a accusés d’« appartenance à une organisation illégale » et de « tentative de renversement du gouvernement ». Les autorités égyptiennes ont relâché Mina Thabet le 20 juin, et Ahmed Abdallah le 10 septembre 2016 ; tous deux ont été libérés sous caution. En juillet 2015, les autorités ont brièvement arrêté quatre membres du personnel de la Commission égyptienne pour les droits et les libertés lors d’une mission sur le terrain dans un bidonville du Caire.

La Commission égyptienne pour les droits et les libertés s’est illustrée pour son travail sur l’affaire Giulio Regeni, un étudiant de l’université de Cambridge enlevé et tué en Égypte il y a un an tandis qu’il effectuait des recherches dans le pays. Giulio Regeni, 28 ans, a disparu le 25 janvier 2016, alors qu’il menait des recherches au Caire dans le cadre de son doctorat sur les organisations syndicales. Son corps mutilé a été retrouvé dans un fossé aux abords du Caire le 3 février 2016. Depuis le début de l’année 2015, Amnesty International a observé une hausse sans précédent du nombre de cas de disparitions forcées et de torture en Égypte. La Commission égyptienne pour les droits et les libertés travaille sur le cas de Giulio Regeni et sur les disparitions forcées, ce qui suscite le mécontentement des autorités égyptiennes.

Depuis novembre 2017, les autorités égyptiennes ont arrêté des militant-e-s, des journalistes, des défenseur-e-s des droits humains, et même des personnes connues sur les réseaux sociaux, pour des infractions en relation avec la liberté d’expression. Dans au moins cinq affaires distinctes, les autorités ont placé des personnes en détention provisoire le temps d’une enquête pour « dissémination de fausses informations », « utilisation à mauvais escient d’outils de télécommunication sociale », et « appartenance à un groupe interdit ». Ces charges font généralement l’objet d’enquêtes menées par les agences de sécurité nationale, et lorsque des éléments de preuve sont apportés, il s’agit souvent de publications sur Facebook ou Twitter.

Amal Fathy est actuellement visée dans le cadre de deux affaires qui sont emblématiques de ces nouveaux cas. Dans la première, qui a donné lieu à des poursuites judiciaires à Maadi, Amal Fathy est accusée de « diffusion d’une vidéo sur les réseaux sociaux dans le but d’inciter le public à renverser le gouvernement », de « publication d’une vidéo contenant de fausses informations susceptibles de nuire à l’ordre public », et d’« utilisation à mauvais escient d’outils de télécommunication ». Le service du procureur général de la sûreté de l’État a été saisi de la deuxième affaire. Amal Fathy doit répondre d’accusations d’« appartenance à un groupe interdit », d’« utilisation d’un site Internet afin de promouvoir des idées appelant à la commission d’actes terroristes », et de « dissémination intentionnelle de fausses informations susceptibles de nuire à la sécurité publique et à l’intérêt du public ». Le ministère public n’a présenté aucun élément de preuve, et s’est uniquement appuyé sur un rapport fourni par l’Agence de sécurité nationale, que les avocats n’ont pas pu consulter. Figurent aux côtés d’Amal Fathy au moins quatre autres personnes, parmi lesquelles un producteur vidéo, un ancien politicien du parti progressiste Dostour, un blogueur et un membre du Mouvement des jeunes du 6 avril, un mouvement de jeunes militants qui était au cœur des manifestations ayant mené à la chute de l’ancien président Hosni Moubarak, en 2011. Depuis 2013, les autorités égyptiennes prennent les responsables de ce mouvement pour cible par le biais d’arrestations et de mesures de probation punitives.

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Le cas de Tran Huynh Duy Thuc : activiste qui suscite l’inspiration au Vietnam, neuf ans après son arrestation.

Tran Huynh Duy Thuc, ingénieur, entrepreneur sur Internet et blogueur a été condamné à 16 ans d’emprisonnement en janvier 2010.

Ce jour, 24 mai 2018, marque les neuf ans de son arrestation. Après avoir créé une compagnie fournisseur d’accès Internet qui a eu du succès, Thuc a fondé le groupe de recherche Chan pour étudier l’économie, la politique et la société du Vietnam et d’autres pays. Il a écrit un blog sur les problèmes sociaux, politiques et économiques du Vietnam sous le nom de plume de Tran Dong Chan. Le 24 mai 2009, il est arrêté sous le coup de l’Article 79 du code sur la criminalité de 1999 pour subversion. Le 20 janvier 2010, il est condamné à 16 ans de prison et 5 ans de liberté surveillée.

Durant les 9 ans qui ont suivi son arrestation, il a subi un traitement très dur en prison et peut-être même de la torture ; il a fait une grève de la faim pour protester contre son traitement. Il a également souvent été visé parce qu’il défendait les droits d’autres prisonniers. En mai 2016, il est transféré dans une prison encore plus éloignée de sa famille afin de le punir d’avoir donné des idées aux autres prisonniers pour revendiquer leurs droits.

Thuc est marié et père de deux enfants. Sa famille est très active pour obtenir sa libération. Son père a participé à une série de petits entretiens pour le Projet 88 durant l’été 2013. Ils ont également créé un site web sur son cas. La famille de Thuc maintient son innocence depuis son arrestation, procès et sa condamnation.

Au moment de sa condamnation, Thuc était l’un des rares prisonniers politiques à avoir eu une longue peine de prison. Huit ans plus tard, toutefois, Thuc n’est plus seul. Il est maintenant l’un des 13 prisonniers politiques à purger une peine de plus de 15 ans pour activisme pacifique au Vietnam et l’un des 54 purgeant une peine de plus de 10 ans.

Au cours de ces 9 ans depuis son arrestation, la répression des activistes au Vietnam a énormément augmenté. En 2017, 43 activistes ont été arrêtés au Vietnam contre 15 en 2016 et 8 en 2015. En 2018, seulement 4 activistes ont été arrêtés jusqu’à présent mais 27 autres ont été condamnés à un total de 194,5 années de prison.

Le Vietnam se voit infligé constamment de très faibles notes dans les rapports internationaux sur les droits humains et la liberté de la presse mais il continue à harceler et arrêter des citoyens luttant pour les droits à la terre, au travail, à l’environnement ou aux droits politiques et ce, à un rythme alarmant.

Ce texte a été publié sur THE 88 PROJECT par Kayleedolen
(traduction par AI gr 111)

http://the88project.org/2018/05/23/the-case-of-tran-huynh-duy-thuc-inspiring-activism-in-vietnam-nine-years-after-his-arrest/

 

 

Formation autour du droit d’asile

 

S’approprier et faire vivre la campagne mondiale pour les réfugiés :I Welcome” , tel était le thème d’une formation “décentralisée” autour du Droit d’Asile, organisé par le groupe Amnesty des Hauts de Bièvre à Verrières-le-Buisson, ce samedi 19 mai, avec l’appui d’Amnesty France,

Nous étions 12 membres de la région IDF Sud dont 2 jeunes filles du lycée Lakanal de Sceaux autour de la formatrice bénévole régionale d’Amnesty Caherine Pinzuti et de Jean-Claude Samouiller, responsable de la commission Personnes Déracinées au sein d’Amnesty-France, afin d’échanger sur ce sujet d’actualité sur lequel nous sommes très souvent interpellés et trop souvent démunis.

La formation articulée autour de l’appropriation et la diffusion de la campagne mondiale d’Amnesty « I Welcome » nous a permis d’affiner nos connaissances juridiques sur les droits fondamentaux et sur la réglementation française. Terminologies, définitions des statuts et rappel des droits internationaux ont apporté des éclaircissements et levé des ambiguités sur ce thème au cœur de l’actualité avec l’adoption de la loi Asile. Nous avons pu actualiser les chiffres et les notions de base en termes de réfugiés dans le monde, en Europe et en France, et acquérir une meilleure culture et compréhension de la politique et des actions menées par Amnesty.

Nous sommes désormais mieux armés quant aux réponses à apporter au public, aux responsables locaux et aux réfugiés eux-mêmes. Et, nous saurons aussi à qui nous adresser au sein Amnesty France ou bien auprès des autres associations engagées dans ce domaine pour obtenir des réponses sur divers sujets.

La formation a été l’occasion d’un vrai moment de convivialité et d’échanges entre nous, très agréable et enrichissant, sur un dossier qui nous tient particulièrement à cœur.

Sur ce thème nous avons sélectionné cet article du Cahier du Monde daté du 20/21/22 mai rubrique The news arrivals (les nouveaux arrivants). Une histoire enthousiasmante, loin des polémiques, comme on voudrait en voir beaucoup.

http://www.lemonde.fr/les-nouveaux-arrivants/article/2018/05/20/du-soudan-a-vichy-la-quete-d-integration-semee-d-embuches-d-ahmed-hassan-ali-anwar-et-alsadig_5301898_5084811.html

Un très chaleureux anniversaire

C’était le jeudi 3 mai, et beaucoup plus qu’un Centre d’Hébergement d’Urgence…

Il y avait beaucoup de soleil au CHUM pour ce premier anniversaire, que cela soit dehors ou dans les yeux ! Beaucoup de monde aussi, des bénévoles, des migrants, des migrants bientôt bénévoles: « Ça me donne envie de faire de même« , nous dit Mamadou de Guinée.

Que ce soit le sous-préfet de l’arrondissement d’Antony, Monsieur Philippe Maffre, le maire d’Antony, Monsieur Jean-Yves Senant, ou le directeur général d’Aurore, Monsieur Eric Pliez et bien sûr les migrants, tous ont salué la travail des bénévoles, la qualité des échanges. Le CHUM est devenu un lieu où l’on apprend, s’épanouit, où l’on préparer son avenir. Ces jeunes migrants en sont de plus en plus conscients et de plus en plus prêt aussi, à participer à la vie de leur centre. Sait-on par exemple que le nombre de gardiens a pu être considérablement diminué, parce que les tensions du début se sont apaisées, que les nouveaux arrivants s’intègrent plus vite?

En substance, le sous-préfet l’a synthétisé, en prenant le CHUM d’Antony pour un modèle de ce type de structure: « Grâce au travail quotidien réalisé à la fois par l’équipe d’encadrement d’Aurore et par l’ensemble des bénévoles, grâce à votre implication, vous apprenez ici à vivre ensemble, vous apprenez aussi les valeurs fondamentales de notre République. Quel que soit le lieu où vous ferez votre avenir, ce sera un précieux bagage que vous réutiliserez. »

Merci et continuons ensemble.

Et bien sûr, remerciement spécial à Mahmoud et à Hafida organisateurs du tournois de foot, l’expo de dessins, de sculptures, du street art, etc.

TURQUIE : PLUS DE 2 000 AFGHANS RISQUENT L’EXPULSION

La Turquie a expulsé 7 100 Afghans ces dernières semaines et en détient encore au moins 2 000, qui risquent l’expulsion. Ces détenus déclarent subir des pressions dont le but est de leur faire « accepter » de retourner en Afghanistan.
Fin 2017, la Turquie accueillait quelque 145 000 réfugiés afghans. En 2018, un nombre croissant d’Afghans entrent dans le pays par la frontière orientale avec l’Iran ; le ministère turc de l’Intérieur a avancé le chiffre de 27 000 nouveaux arrivants. En réaction à cet afflux, les autorités turques placent des personnes en détention et les renvoient en Afghanistan. Selon le ministre turc de l’Intérieur, 7 100 Afghans ont été renvoyés dans leur pays sur des vols spécialement affrétés ces dernières semaines et ce chiffre devrait atteindre 10 000 dans les prochains jours. L’accélération des expulsions de ressortissants de l’Afghanistan par la Turquie est peut-être liée à un accord sur les migrations signé entre ces deux pays le 9 avril.
Actuellement, il semble que plus de 2 000 personnes soient détenues et risquent l’expulsion. Selon des sources confidentielles, quelque 2 000 Afghans sont détenus dans un camp de conteneurs à Düziçi (province d’Osmaniye) et des centaines d’autres se trouveraient dans un centre de rétention de la province d’Erzurum. À ces chiffres s’ajoute le nombre d’Afghans éventuellement détenus dans d’autres lieux. Les détenus sont, semble-t-il, principalement des hommes seuls. Cependant, des familles sont également détenues.
Des délégués d’Amnesty International se sont entretenus par téléphone avec trois personnes (deux hommes et une femme) détenues au camp de Düziçi et un homme renvoyé à Kaboul. « Farhad » (23 ans), un avocat de la province de Baghlan, a expliqué s’être réfugié en Turquie pour ne pas être recruté de force par les talibans. « Ramin » (25 ans), un boulanger de la province du Paktika, a indiqué qu’il avait quitté l’Afghanistan à cause de la guerre. Les personnes interrogées ont déclaré à Amnesty International qu’elles avaient été détenues d’abord dans la province d’Erzurum, fin mars, avant d’être transférées en bus à Düziçi, où elles se trouvent depuis le 8 avril.
Les autorités turques soutiennent que les retours en Afghanistan sont volontaires. Or, les détenus affirment qu’on les informe qu’ils vont être renvoyés dans leur pays et qu’ils doivent apposer leurs empreintes sur un document écrit uniquement en turc, langue qu’ils ne comprennent pas. Il pourrait s’agir d’un « formulaire de rapatriement volontaire », comme les autorités turques en ont déjà utilisé de manière coercitive dans le cas de réfugiés syriens ou d’autres nationalités. Selon des sources confidentielles, les Afghans ont le « choix » entre l’expulsion et la détention. Bien que certaines personnes – surtout des familles – aient, semble-t-il pu déposer des demandes d’asile et être libérées, celles avec qui les délégués d’Amnesty International se sont entretenus ont indiqué que leurs demandes en ce sens avaient été ignorées.
ACTION RECOMMANDEE : lettre international / email / fax / twitter :
appelez les autorités turques à libérer immédiatement les Afghans détenus ;
priez-les instamment de veiller à ce que ces personnes puissent demander l’asile dans le pays ; engagez-les à cesser tous les renvois vers l’Afghanistan jusqu’à ce qu’ils puissent se dérouler en toute sécurité et dans la dignité.

MERCI D’ENVOYER VOS APPELS IMMEDIATEMENT.
SI VOUS RECEVIEZ CETTE ACTION URGENTE AVEC RETARD, NE PLUS INTERVENIR APRES LE 5 JUIN 2018.
Ministre de l’Intérieur
Süleyman Soylu
İçişleri Bakanlığı Bakanlıklar
Ankara, Turquie
Twitter : @suleymansoylu
Fax : +90 312 418 1795 Formule d’appel : Monsieur le Ministre,

Direction générale de la gestion des migrations
Abdullah Ayaz
Göç İdaresi Genel Müdürlüğü
Çamlıca Mahallesi
122. Sokak No:4
Yenimahalle/Ankara, Turquie
Fax : +90 312 422 09 00/+90 312 422 09 99
Courriel : gocidaresi@goc.gov.tr Formule d’appel : Monsieur

Copie à :
Ambassade de Turquie
16 avenue de Lamballe – 75016 Paris
Tél : 01 53 92 71 11 – Fax : 01 45 20 41 91
Courriel : ambassade.paris@mfa.gov.tr
Tarifs postaux pour la Turquie :
Lettre internationale (20 g) : 1,30 €

COMPLÉMENT D’INFORMATION
Les réfugiés en Turquie
La Turquie compte le plus grand nombre de réfugiés au monde : 3,5 millions de Syriens, 145 000 Afghans, 140 000 Iraniens et des milliers de ressortissants d’autres pays.
La situation en Afghanistan
L’Afghanistan est actuellement en proie à un conflit armé interne entre des « éléments antigouvernementaux » et les forces progouvernementales. Parmi les éléments antigouvernementaux figurent les talibans et le groupe se désignant sous le nom d’État islamique (EI), mais plus de 20 groupes armés opèrent dans le pays. La Mission d’assistance des Nations unies en Afghanistan (MANUA) a indiqué que 2016 avait été l’année la plus meurtrière pour les civils jamais enregistrée, avec 11 418 personnes tuées ou blessées. Selon l’Organisation des Nations unies (ONU), l’insécurité et les violences liées au conflit infligent de graves préjudices aux civils, notamment aux femmes et aux enfants. Les conditions de sécurité ont continué à se dégrader en 2017 : plus de 10 000 victimes civiles ont été dénombrées. Le conflit est volatile et implique de multiples groupes qui cherchent constamment à gagner ou regagner des territoires, et dont les actes s’avèrent imprévisibles.
De nombreux habitants risquent tout particulièrement d’être persécutés, indépendamment du fait que la zone soit sous contrôle des forces progouvernementales ou des éléments antigouvernementaux. Dans les zones contrôlées par le gouvernement, les représentants de l’État commettent régulièrement des violations des droits humains. Les groupes armés progouvernementaux se rendent responsables de violences – homicides délibérés, agressions, extorsions et actes d’intimidation notamment. Dans les régions sous contrôle des éléments antigouvernementaux, les atteintes sont généralisées – exécutions extrajudiciaires, torture et autres formes de mauvais traitements, privation des droits à la liberté de mouvement, d’expression, de participation politique, d’accès à l’éducation, et du droit à la santé. En outre, les deux camps bafouent les droits humains dans des zones en dehors de leur contrôle respectif.
Normes juridiques internationales
En vertu du principe de non-refoulement, la Turquie ne peut pas renvoyer de personnes dans un endroit où elles risquent véritablement de subir de graves atteintes aux droits humains, notamment des persécutions, des actes de torture ou d’autres traitements ou châtiments cruels, inhumains ou dégradants. Compte tenu de la gravité de la situation actuelle de l’Afghanistan en matière de sécurité et de droits humains, tout renvoi forcé vers ce pays constitue un refoulement.
En outre, le droit international oblige la Turquie à justifier toute restriction du droit à la liberté. La détention de ces migrants et demandeurs d’asile afghans n’a pas de fondement juridique solide car de telles mesures ne peuvent se justifier que dans des cas extrêmement rares. Sachant que des milliers d’Afghans semblent avoir été arrêtés et détenus en peu de temps, il est fort probable que leur détention soit arbitraire et illégale.
Par ailleurs, la Turquie est tenue, au regard du droit international, de veiller à ce que toutes les personnes ayant l’intention de demander l’asile à la suite de persécutions puissent véritablement le faire.

Prisonniers Saharaouis

Ci-joint un message reçu de Maurice Grouès ( qui fait partie d notre réseau des Actions Urgentes)  et qui concerne des prisonniers Saharaouis. Ce problème peu médiatisé dure depuis très longtemps. Ces prisonniers sont pris en charge par L’ACAT (qui travail étroitement avec Amnesty , les dossiers sont donc fiables.

Bonjour
Je reviens vers vous au sujet des Sahraouis. Parmi les détenus de Gdeim Izik se trouve Naama Asfari, condamné à 30 ans de détention devant un tribunal militaire en 2013 , confirmé par la cour d’appel de Rabat en juillet 2016  sur la base d’aveux obtenus sous la torture, et actuellement à la prison de Kenitra. Il est suivi par l’ACAT qui a notamment constitué un dossier sur « les autorités marocaines harcèlent des victimes de la torture », disponible sur son site.
Naama a déposé plainte suite aux sévices qu’il a subis;
Le Maroc ait été condamné par le Comité contre la torture de l’ONU (CAT) pour les tortures subies par les prisonniers sahraouis pendant leur instruction et leur incarcération. Naama est marié à Claude Mangin, Française  domiciliée à Ivry s/Seine. Naama a été fait citoyen d’honneur d’Ivry. Claude rendait visite périodiquement à Naama à la prison jusqu’il y a 18 mois, date correspondant à la condamnation du Maroc par le CAT.
Depuis, Claude s’est rendu 3 fois à Rabat pour visiter son mari, et à chaque fois été refoulée. Lundi 16 avril dernier, elle a voulu tenter une 4° fois d’y aller et elle n’a même pas pu débarquer de l’avion, des policiers montés à bord lui signifiant qu’elle repartait aussitôt.
Mercredi matin, Claude a entamé une grève de la faim pour contester cette interdiction. Elle est installée en mairie d’Ivry.
Une campagne est organisée pour faire connaître cette situation,  l’assister dans son jeune et saisir par courriers les autorités françaises et marocaines en France.
Je vous joins :
– la déclaration de Claude Mangin commençant sa grève de la faim,
– le communiqué de presse de l’Association des Amis de la République Arabe Sahraouie Démocratique (AARASD),
– le message de l’AARASD sur l’organisation de l’accompagnement de Claude dans sa grève de la faim,
– les modèles de courriers
Les destinataires sont :
Son Excellence M Chakib BENMOUSSA – Ambassade du Maroc – 5 Rue le Tasse – 75116 Paris
Monsieur le président de la république
Palais de l’Elysée – 55 rue du Faubourg Saint Honoré – 75008 Paris
copie au Ministre de l’Europe et des Affaires étrangères – 37 quai d’Orsay – 75007 Paris

modèle lettre au Pdt Républiquemodele lettre à ambassadeur MarocCP – Expulsion Claude Mangin-Asfari