Une expo photos sur les enfants de Sarajevo

Le photographe MILOMIR KOVACEVIC expose à la librairie « Comme un roman »… du 4 mai au 8 juin 2013
LES PETITS SOLDATS – Photographiés à Sarajevo de 1992 à 1995

M Kovacevic

Le vernissage a lieu le samedi 4 mai de 16 h 30 à 19 H 30. (http://www.comme-un-roman.com/)

Sarajevo 1

Blessés et parfois même assassinés, privés de nourriture et d’eau, confrontés à une réalité qui dépasse leur compréhension, les plus grandes victimes de guerre sont toujours les enfants.
Malgré les difficiles conditions dans lesquels les enfants de Sarajevo ont vécu pendant la guerre, ils ont toujours continué à jouer et à s’amuser. Leurs héros n’étaient plus les personnages de dessins animés ou de westerns ; leurs héros étaient leurs pères, grands frères, voisins, héros locaux qui partaient sur les lignes de front ou montaient la garde pour défendre la ville.
Ils se fabriquaient les pistolets en bois, utilisaient les grenades qui ont déjà servi, faisaient eux-mêmes les gilets pare-balles en carton et les fusils en tubes d’acier, montaient la garde, construisaient des cachettes, des uniformes et des accréditations sur lesquelles on pouvait lire « La police des enfants ». Cependant, pour les besoins de la série de photos présentée ici, ils posaient souvent avec les véritables armes « empruntées » à leurs parents. Innocents, ils imitaient ainsi les grands ; c’était leur façon de se protéger et de se sentir en sécurité.
Ces photos ont été prises aux mêmes endroits que les photos que j’avais réalisées avec les pionniers de Tito trois années auparavant. Il est intéressant de voir à quel point les conditions de vie, l’idéologie ambiante et le décor de tous les jours avaient changé en quelques années seulement. D’un côté, il y avait les petits pionniers qui croyaient en quelque chose qui était destiné à disparaître, de l’autre les enfants de la guerre, aussi innocents que les premiers, participant à l’avènement d’un autre monde, à la fois victimes mais peut-être aussi les futurs défendeurs de nouvelles idées.

De nombreux enfants ont été blessés et tués pendant la guerre à Sarajevo. Leur nombre varie d’une source à l’autre allant jusqu’à 1601 enfants tués et 15 000 enfants blessés. Selon les résultats de l’Institut de recherche sur les crimes contre l’humanité et le droit international, 524 enfants ont péri durant le siège de Sarajevo (Jasminko Haliloviæ, auteur du livre « Enfance et guerre, Sarajevo 1992-1995 »).

Vous trouverez ici certaines photographies extraites de l’exposition

Librairie Comme un roman
39, Rue de Bretagne
75003 Paris
Tél. : 01 42 77 56 20

Horaires :
mardi – samedi : 10h – 19h45
dimanche : 10h – 13h30

Retour sur la soirée « Mission » au Théâtre de la Piscine

Ce diaporama nécessite JavaScript.

A hauteur d’homme…

Malgré la neige qui tombait, nous étions très nombreux (300 personnes au moins ?..) à assister à cette représentation de « Mission » ce samedi 19 janvier…

Magnifiquement interprété par Bruno Vanden Broecke, ce texte de David Van Reybrouck écrit en 2007, est inspiré d’entretiens avec de vieux missionnaires du Congo de l’Est qui ont manifestement assistés à la sombre histoire récente de la région.

Sur le ton d’une confidence intime, émouvante et drôle, ce monologue est – au-delà de celui d’un prêtre missionnaire de son temps – celui d’un homme qui fait le point sur sa vie, son engagement, ses découragements.
Et en cela, il nous interpelle sur nos propres engagements individuels, sur notre conscience du monde. (un texte à (re)lire notamment si l’on a raté la pièce…)

De manière symétrique, l’exposé-débat sur les viols de masse en situation de guerre animé par Louis Guinamard à la suite du spectacle, nous interroge sur l’aspect collectif de ces agissements.

La guerre est un cadre d’ivresse de puissance et d’impunité.

Entre viol opportuniste, rituel initiatique ou prise de « butin » octroyé aux vainqueurs du moment… le viol a toujours été et restera probablement toujours un fait tristement « classique » dans les contextes de conflits armés.

Mais certains conflits contemporains se distinguent doublement de ce cadre ; par l’ampleur et par l’intention en établissant le viol à une échelle massive ET surtout en l’établissant en tant que système.

Le viol en tant que système est un acte de guerre plus qu’il n’est un acte sexuel.

Il est la volonté de destruction systématique de l’ordonnancement social existant.
– Il dit aux hommes leur incapacité à protéger leur famille et leur communauté,
– Il dit aux femmes leur incapacité à être maîtresse de leur corps et les condamne par qui elles vont engendrer,
– Il dit à la communauté sa destructuration future et sur un long terme par la marque génétique du « serpent » (le « fils de l’ennemi »… Cliquez sur ce lien pour en savoir plus)
– Il dit la volonté farouche d’humilier, d’anéantir le moral et la société et ce pour longtemps…

Au-delà du pouvoir de domination tristement habituel du viol « ordinaire », il est une atteinte volontaire à la filiation, à la reproduction tant biologique que patrimoniale quand il n’est pas une mort lente inoculée par le sida ou autre MST…

C’est pourquoi ce type de viol massif touche tous les âges : de 3 à 80 ans !
C’est une méthode « moins chère et plus efficace que les balles » pour reprendre les propos d’un médecin de MSF.

Et même si ce sont massivement les femmes (mais pas exclusivement) qui en sont les victimes, l’objet essentiel est la destruction (déstructuration) de la société ou de la communauté dans le but ultime d’un pillage économique.
Le lien est quasiment systématique entre ce système et la présence de ressources énergétiques ou minières abondantes.

Loin d’être culturel, ce phénomène est essentiellement contextuel. Il est nécessairement lié à un contexte précis historique, géopolitique et aussi et peut-être même surtout sociétal.
La place du viol dans le répertoire des violences dépend aussi du moment du conflit (début, en cours, fin) car – en tant que système précisément – il faut le temps à des personnes – qui au départ ne sont pas particulièrement perverses – d’intégrer la perception – voulue par leur hiérarchie et conforté par le système mis en place – que l’Autre n’est plus un être humain.


Comment ce système peut-il perdurer ?

Sans doute faut-il considérer que – par essence, du fait des conditions extrêmes de la guerre – la « fraternité d’arme » des soldats est – pour être vitale pour chacun – indéfectible et plus effective que celles des civils…
Ce faisant, chaque soldat fait comme son camarade et ne dénonce en rien ni son « frère » ni le système qui l’a légitimé. Car quand l’Autre n’est pas humain, est humain celui qui est avec soi, car il devient une partie de soi.

Sans doute faut-il également considérer le silence (non pas celui des armes…) mais celui des populations elles-mêmes. Celui des victimes qui – de peur d’être marginalisées par la communauté – se taisent !
En un renversement du sens (ce qui est finalement récurrent dans bien des contextes…) ce qui est inacceptable devient la norme, et celui qui voudrait dénoncer les faits devient inaudible car devenant « anormal », il devient lui-même fou ou folle ou du moins rejeté par la communauté.

Ainsi les victimes la plupart du temps se taisent comme nous l’a rappelé Louis Guinamard.

Par le déni, par le silence, la banalisation et l’impunité se font normalité.
Là encore, comme souvent, cette volonté de ne pas percevoir est due massivement au « cercle des gentils », à la « majorité silencieuse » qui, en se taisant, participe au déni.

Que faire ?

Amnesty International refuse ce silence, dit clairement ce qui n’est pas banal, choisit de reconnaître ce qui se vit et ceux qui vivent ces situations, dénonce l’impunité, réclame un droit international puissant et sa mise en application, relaye les initiatives heureuses comme celle de l’association BVES (Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé (voir notre précédent article)

Pour aller plus loin :

– Vous trouverez ici, un interview de l’auteur
Sur ce lien, celui de l’acteur
– Là, vous trouverez, un interview de Louis Guinamard
– Ici, vous accèderez au site de l’observatoire international des violences sexuelles dans les conflits armés.

Retour sur le film Rebelle au Sélect

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Comme nous l’a rappelé Lionel Quille et les évènements actuels (Mali, Syrie, Centrafrique…), les enfants soldats ne sont pas le seul apanage de la RDC, loin de là, la « palme » si l’on peut dire en revenant à la Birmanie, puis la Colombie…

Les enfants soldats sont les garçons ou filles, âgés de moins de 18 ans, membres de manière volontaire ou forcée d’une force combattante (armée gouvernementale ou groupe armé) quelque soit la fonction qu’il exerce (combattants, éclaireurs, espions, serviteurs, esclaves sexuels). La participation directe aux hostilités ou l’usage d’une arme par l’enfant n’est pas un critère déterminant et les filles utilisées comme esclaves sexuelles ou soumises à des mariages forcés au sein d’une force armée sont considérées comme des enfants soldats. C’est pourquoi on parle aujourd’hui d’enfants associés aux groupes et forces armés. Les stratégies de prévention de leur enrôlement ont été conçues pour la première fois en avril 1997 dans les Principes du Cap , lors d’une conférence réunissant en Afrique du Sud l’UNICEF et plusieurs ONG. Le Secrétaire Général des Nations Unies a présenté, le 26 octobre 2006 un rapport sur les enfants dans les conflits armés dans lequel il liste les pays où des enfants sont recrutés par des forces ou groupes armés.

Les jeunes filles sont recrutées à double titre, comme enfants, et comme étant de sexe féminin, par les groupes rebelles, plus que par les armées régulières. Dans certains groupes armés la proportion de filles peut atteindre 40% des effectifs. La violence sexuelle sur les femmes et les filles est un aspect systématique des conflits modernes. Elles sont utilisées comme esclaves sexuelles mais aussi comme combattantes , bombes humaines, ou servantes.

Pour compléter ce que Lionel Quille nous a appris et dont une partie est retracée sur ce lien… vous pouvez vous référer à ce site

« Mission » au Théâtre de La Piscine le 19 janvier à 20H30

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Le samedi 19 janvier, nous serons associés au théâtre La Piscine de Châtenay-Malabry.

Ce soir-là aura lieu Mission, une fiction théâtrale basée sur les témoignages de prêtres au Congo.
Après la représentation, le public pourra rencontrer Louis Guinamard, journaliste, ayant enquêté sur les violences faites aux femmes en RDC, et auteur d’un ouvrage de référence sur le sujet : « Survivantes ».

Dès aujourd’hui, la réservation est ouverte au théâtre au 01 41 87 20 84, en précisant de la part d’Amnesty International, ou au 06 78 30 22 00.

Les renseignements sur le théâtre sont disponibles sur son site dont voici le lien

Mission est présenté par un comédien seul sur scène, Bruno Vanden Broecke. Le texte de David Van Reybrouck se présente comme un monologue d’un prêtre belge, missionnaire au Congo. Il est écrit à partir de témoignages de plusieurs prêtres et évoque leur engagement, leurs relations avec leurs proches en Belgique, leur insertion au Congo. Apparaissent alors les crises de violence extrême que connaît cette région frontalière du Rwanda.

Louis Guinamard est journaliste. Au cours de deux séjours, l’un en 2006 et l’autre en 2010 de trois mois dans l’est du Congo, il a rencontré longuement les femmes victimes de viols, mais aussi des militants associatifs locaux, des acteurs de la mobilisation internationale, qui tentent d’endiguer l’expansion du phénomène du viol. Le livre qu’il a rédigé à la suite de ces rencontres nous donne à écouter les voix de ses femmes : « Survivantes, femmes violées dans la guerre en République Démocratique du Congo » (Editions de l’Atelier, 2010).

Sur cette vidéo, un interview de Louis Guinamard présentant son livre sur TV5 Monde.

Avec un courage exceptionnel, des femmes prennent la parole pour dire au monde ce qu’elles ont enduré, pour dénoncer leurs bourreaux, membres des diverses milices qui se sont battues à la suite du génocide rwandais de 1994 pour le contrôle de ce territoire riche en matières premières.
La voix de ces femmes est un fil fragile d’humanité par-delà l’indicible. Les écouter, c’est commencer à leur rendre justice.

Le site de l’éditeur offre une présentation du livre, accompagné d’autres extraits d’interview.

Ciné Débat jeudi 10 janvier au Sélect d’Antony

Un film de Kim Nguyen soutenu par Amnesty

Un film de Kim Nguyen soutenu par Amnesty

Sélect

Fort du succès de la projection-débat précédente , nous renouvelons l’opération, toujours avec Lionel Quille, responsable de la commission « enfants » à Amnesty France.
Cette fois le ciné-débat aura lieu à 20H30 au Sélect éphémère d’Antony dont voici le plan d’accès .

Si vous voulez en savoir plus sur le film lui même, rendez-vous à sa présentation en cliquant sur ce lien…

Retour sur la soirée « Enfants-soldats »

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Un grand merci à tous les signataires de nos pétitions. Nous avons recueilli 50 signatures, ce qui n’est pas négligeable compte tenu de l’actualité télévisée de la soirée : foot et documentaire très attendu d’une vraie journaliste ; Marie-Monique Robin…

Autre point extrêmement positif pour notre groupe local : 5 d’entre vous se sont abonnés à notre newsletter mensuelle.

Quant au débat, essentiellement animé par le réalisateur Kim Nguyen et le responsable de la commission « enfants » d’Amnesty Lionel Quille ; il nous a permis d’en savoir plus sur les conditions de tournage, notamment sur le commerce « triangulaire » (si l’on peut dire) des munitions (nécessaires pour le tournage du film). Les munitions ne pouvant directement passer de la France à la RDC (contrairement aux armes), elles ont transités par la Belgique…

Lionel Quille a souligné – en plus des raisons habituelles de recrutement évoqués dans l’article de l’annonce du film le caractère « culturel » de la prise en mains d’armes dans les rituels de passage de l’adolescence à l’âge adulte pour les garçons.

Par ailleurs et même s’il ne s’agit pas là de la raison première, il n’est pas exclu, qu’à l’instar des viols en situation de guerre tels que développés depuis ces dernières années, ces recrutements soient également un message à l’adresse des parents et notamment des hommes afin de démontrer leur incapacité à protéger leurs propres enfants. La dimension « terroriste » venant appuyer la question « pratique ».

Les deux intervenants se sont accordés pour dire que le lieu (supposée RDC) n’a que peu d’importance compte tenu de ce que le phénomène des enfants-soldats sévi sur tous les continents, y compris en Europe tout récemment, notamment dans le conflit de l’ex-Yougoslavie…

Signalons enfin le travail formidable de réinsertion d’enfants soldats au Sud-Kivu (RDC) de l’association BVES (Bureau pour le Volontariat au service de l’Enfance et de la Santé), créée à Bukavu, République Démocratique du Congo en 1992, par un groupe de volontaires (Volontaires Tiers-Monde VTM) travaillant pour la santé, l’éducation et la protection des enfants (essentiellement des médecins, juristes, sociologues, anthropologues, psychologues, etc.). Pour en savoir plus cliquez ici

___________________________________________________________________________________________
S’agissant de la pétition concernant les résidents des berges de Port Harcourt (Nigéria), cliquez ici pour en savoir plus.

Concernant les expulsions forcées au Cambodge, cliquez ici